Programme public à Caxton Hall, Londres, 12 juin 1978 — long discours sur le triangle Rationalité / Émotionalité / Sagesse. Shri Mataji démontre que la rationalité est un "sens unique" qui ne sert qu'à comprendre qu'elle ne suffit pas : démocratie, communisme, capitalisme, "démon-ocratie" — tout échoue, tout dessèche. Elle raille un musicien qui Lui répond ne pas avoir produit un seul chant joyeux en vingt ans en Angleterre. L'émotionnel mal canalisé conduit aux "isms" et aux faux gourous qui jouent avec les larmes et les vibratos. La sagesse est le point pivot au centre, entre cœur et cerveau. Avertissement cinglant aux mentalités occidentales "qui paient dix livres et exigent" la Vérité comme à la clinique : "vous ne pouvez pas acheter Dieu, ce n'est pas du marchandage". Cite Kabir ("padhi padhi pandita moorakha bhayo" — à force de lire les intellectuels deviennent idiots). Belle parabole de Sa grand-mère (interrompue) : l'homme qui croit en Dieu et croise sur la route un affamé qui commande à Dieu de lui envoyer à manger, et un yogi en pénitence extrême — l'enseignement étant qu'"être en religion" diffère radicalement d'en parler. Apostrophe maternelle à Anna et son fils Kabir.
Rationalité – Emotionalité – Sagesse 12 Juin 1978 – Caxton Hall – London (England)
ETVD MM Date: 2017-0312 Translation Version MM Date: 2017-0312
…Alors, que peut faire la rationalité ? Il doit y avoir une raison quelconque d’avoir de la rationalité en nous. Pourquoi Dieu nous a-t-Il pourvu de rationalité ? Il ne gaspille pas Ses diamants comme cela !
La rationalité nous donne le sens de comprendre que nous ne pouvons pas y arriver au travers de la rationalité.
Car, à moins qu’une chose ne vous arrive, vous n’allez pas y croire. Vous n’allez pas croire que cette rationalité dont on dépend, qui est notre support, qui est que nous pensons tout le temps, que notre identification soit complète avec cette rationalité. Et nous sommes très rationnels, nous sommes fiers également de notre rationalité. Donc alors, vous atteignez un point où, au travers de la rationalité, où vous comprenez que ceci n’est pas le cheval qui nous sera utile plus longtemps.
Voici quel est l’usage de la rationalité. C’est un sens unique qui vous amène à ce point culminant où vous pensez qu’elle doit être rejetée ou que vous ne pouvez pas en dépendre.
D’un autre côté, la rationalité vous donne un point de vue, un point de vue auquel vous référer plus tard. Quand vous aurez l’expérience, alors vous commencerez à comprendre pourquoi la rationalité vous a laissé tomber. Donc elle nous enseigne d’une façon négative. Mais elle est essentielle car l’homme a été pourvu de la liberté et il a commencé à utiliser sa liberté, il a commencé à utiliser sa rationalité.
Quand il a atteint ce point, alors il commence à dépendre de sa sagesse, et la sagesse est l’équilibre entre ses émotions et sa rationalité, elle se trouve au centre de cela, entre son cœur et son mental. Il existe un centre quelque part là, au point central, ou comme vous direz au point pivot.
Donc, si vous penchez trop vers les émotions ou trop vers la rationalité, vous aurez à vous déplacer plus loin vers le centre et vous équilibrer en ce point pivot. Alors seulement vous vous trouverez dans l’état de sagesse et c’est ainsi que vous vous élèverez en vous-même. Toute attitude extrême à gauche ou à droite, ou trop de dépendance, ne va pas vous aider.
Ceci, vous pouvez le comprendre même au travers des émotions.
Quelqu’un qui est très émotif, est du genre à « aimer » tellement quelqu’un ; il « aime » vous voyez, et il poursuit cet amour avec sincérité et devient amoureux. Et alors il réalise : « Oh, ceci n’est pas la Joie. Comment ai-je pu la rater ? » Alors il dit : « J’ai le cœur brisé. » C’est mieux qu’il le réalise. Alors il détourne la tête. Mais il détourne sa tête jusqu’à une telle extrémité qu’il en abandonne complètement son cœur brisé.
Ce point pivot d’équilibre se trouve au centre, au centre entre votre cœur et votre cerveau. La rationalité et le côté émotionnel sont aux deux extrêmes, lui [le point pivot d’équilibre] se trouve au centre.
Donc la sagesse est un mot abstrait. Qu’est la sagesse ? Si vous demandez à quelqu’un : « Est-ce la sagesse ? Est-ce ceci la sagesse ? Est-ce cela la sagesse ? » Alors comment comprenez-vous ce qu’est la sagesse ? En éliminant, en disant : « Non, ceci n’est pas de la sagesse, cela n’est pas la sagesse, ceci ne peut être la sagesse. » Ici vous utilisez vos deux côtés émotionnel et rationnel quand vous commencez à décider : « Ceci ne l’est pas. »
C’est pour cela que J’ai dit que ceux-ci sont des enseignants négatifs dans le sens qu’ils vous emmènent vers ce qui est positif, dans le sens qu’ils vous conduisent à la Réalité. Ils vous enseignent que ceci n’est pas ce qui est correct.
Prenons, disons, n’importe quelle de vos entreprises politiques, comme Je dois les appeler. Je veux parler de vos institutions politiques. Prenez le communisme, le capitalisme, prenez toutes ces sortes de « ismes » que vous avez tout alentour, toutes ces expérimentations, toutes vos expérimentations politiques que vous avez trouvées au travers de vos approches rationnelles, elles ne peuvent vous apporter une solution. La démocratie échoue, le communisme échoue aussi. N’importe quelle autre monarchie échoue. De la même façon, la « démon-ocracie » échoue également. Tout échoue !
Alors vous réalisez cela et vous vous demandez : « Y a-t-il une quelconque Vérité en allant au travers de ces choses ? Est-ce ceci la manière avec laquelle nous allons aboutir quelque part ? » Ensuite vous commencez à comprendre que : « Non, non. Nous avons tous fait des erreurs maintenant ici. »
Mais ceci n’est pas possible pour les gens qui font la course. Pour ceux qui font la course, ce n’est pas possible de comprendre. Par exemple, Je ne peux pas parler à des bureaucrates. C’est impossible ! Parce qu’ils détiennent, ils transportent leurs bagages, vous voyez. Ainsi certains sont démocrates, certains sont communistes. Je ne sais pas quelles sortes de manières [de vivre] ils ont.
Donc ces gens puissants ne vont pas nous écouter. Ils ne le peuvent pas car cela pour eux est identifié. Pour eux, cela c’est ce qu’ils appellent être une institution politique parfaite, c’est la totalité de la vie, et chacun doit y venir. C’est pourquoi, lorsque ces différentes idéologies et ces différents « ismes » commencent à fleurir, vous trouvez qu’ils n’ont encore atteint aucune floraison et qu’ils se flétrissent juste. Ils perdent leur existence parce que la rationalité ne vous apporte pas une vision complète. Elle ne vous procure pas une idée complète de jusqu’où un être humain peut progresser avec la rationalité ni jusqu’où il va devoir aller pour accomplir le résultat.