Discours aux Sahaja Yogis sur la compréhension vivante de Sahaja Yoga après la Réalisation. Shri Mataji répond d’abord sur la relation à la mère, le pardon et le respect des parents, puis explique les vibrations comme l’émission consciente de l’Esprit, porteuse des cinq éléments subtils et reliée au Pouvoir omnipénétrant. Elle revient ensuite sur l’expérience collective face aux négativités, sur le Swadishthan gauche, le témoin intérieur et la capacité du Sahaja Yogi à se corriger sans culpabilité. Le discours insiste enfin sur le respect du corps comme temple de Dieu, la nourriture vibratoire, l’amour concret entre Sahaja Yogis et la joie de donner.


Notre compréhension de Sahaja Yoga, Londres, 1978

FrTVD 2022-1101

Ce serait peut-être mieux si vous Me posiez une ou deux questions et ensuite Je vous donnerai les réponses pour commencer, vous voyez, car ceci se passe entre nous, vous voyez, ceux qui ont eu l’expérience [de la Réalisation], ceux qui y sont pratiquement arrivés et les rares nouveaux que Je vois ici. Mais ceux qui sont au moins en relation avec les vibrations et tout le reste, devraient Me poser des questions pour commencer parce qu’ensuite sinon Je vais aborder les nouvelles personnes plus tard. Hmm.

Question d’un yogi : Mère, vous aviez dit à Caxton Hall que, si une personne ne parle pas à sa mère pendant un long moment… [Inaudible]. Voudriez-Vous détailler ce thème à nouveau, s’il Vous plaît.

Shri Mataji : Vous voyez, vous êtes nés d’une mère. D’accord ? Vous n’êtes pas nés suspendus à un arbre et vous n’avez pas non plus été jetés depuis les Cieux et soudainement on vous trouve nés sur cette terre ! Vous êtes nés du ventre d’une mère. Son sang circule en vous pendant neuf mois. Vous vivez grâce à elle donc vous faites partie intégrante de son être durant ces neuf mois qui sont la partie la plus importante de votre vie. Elle est alors là pour vous donner en premier le sens de la sécurité. Un enfant se sent en sécurité dans le ventre de sa mère. Si la mère est contrariée, cela a un effet sur l’enfant. S’il y a un problème avec elle, alors l’enfant en est affecté, et également au niveau physique. Il existe une telle relation profonde entre vous et votre mère que Je devrai écrire un livre pour vous indiquer combien cette relation est profonde.

Et voyez-vous, en nous, le pouvoir de la Kundalini est le pouvoir d’une mère et non pas d’un père. Le Père est le témoin en tant qu’Esprit et la Mère est la Kundalini. Et cette Kundalini doit s’élever. Maintenant il y a donc en vous la Mère qui est cette Kundalini, et il y a votre propre mère. Cela dépend beaucoup du type de relation que vous avez avec votre propre mère.

Supposons que vous ne sachiez pas comment aimer votre propre mère, vous ne pourrez jamais aimer votre mère patrie. Vous ne le pourrez jamais. Voyez, il s’agit du début, l’entraînement commence là avec votre mère. Si cela manque, alors vous ne pourrez pas avoir la floraison complète de cet amour. Maintenant, peut-être que la mère n’a pas été une très bonne mère. C’est possible. Selon les mots du Sanskrit, comme Je vous l’ai dit, il ne peut pas exister une mauvaise mère – Kumata – mais parfois elle pourrait quand même être mauvaise. Mais l’idée d’une mauvaise mère est plus mise en avant à cause de l’intervention de la loi dans la relation mère-enfant. Vous voyez, quand la mère est punie par la loi pour avoir corrigé son enfant ou autre chose, l’artificialité commence. Quand des enfants peuvent poursuivre leurs mères, la responsabilité de la loi, vous voyez, n’est pas de troubler les relations [mère-enfant] naturelles. Si elles commencent à perturber cette relation naturelle, l’artificialité commence. Et c’est pourquoi les pays où la loi a pris en charge les enfants et de telles situations, sans comprendre la loi fondamentale que c’est une attitude naturelle d’aimer votre enfant, au lieu de cela, s’ils avaient encouragé les mères plus aimantes et gentilles, s’ils avaient même entraîné les mères à savoir comment devenir gentilles et douces, s’ils avaient donné plus d’encouragement aux gens pour être de bonnes mères. Au lieu d’organiser des concours de beauté, s’ils avaient organisé des concours pour être de bonnes mères, si le sens maternel avait été mis en valeur par les institutions politiques et économiques, alors la situation aurait été bien meilleure.

Mais toute la société est tournée vers sa propre destruction. Ainsi la loi prend ce relais avant tout. L’enfant est donc tout à fait sûr de lui. Supposons un garçon de dix-huit ans dans la famille, qui reçoit des allocations de chômage, alors il a une haute opinion de lui-même. Il répond à sa mère. Il lui parle d’une manière très rude. D’accord, vous pouvez dire que vous avez fait cela pour un garçon de dix-huit ans mais vous ne savez pas qu’il est peut-être l’ainé, les autres enfants de la famille vont suivre son exemple et adopter cette attitude alors qu’ils sont encore très jeunes. L’idée de donner de l’argent aux enfants de cet âge est également très pernicieuse parce que, quand l’un reçoit l’argent, les autres enfants pensent aussi qu’ils doivent recevoir de l’argent. Ils commencent à demander de l’argent à leur mère pour le travail qu’ils font. Il faut payer 5 pennies pour apporter un verre d’eau à la mère.

Ensuite les mères actuelles sont d’un genre différent. Je veux dire qu’il y a tant de mères qui disent que ce n’est pas inné d’aimer leurs enfants, ce n’est pas naturel. Ce qui est artificiel est devenu naturel et le naturel est devenu artificiel.

Comment cela se fait-il que, depuis dix ou quinze ans, les mères soient devenues si soudainement si bizarres ? Actuellement, à cause de ces pressions, ce qui arrive c’est que nous développons un sentiment à l’encontre de notre propre mère. Nous commençons à juger nos propres mères et pères. Nous ne devrions jamais les juger. Vous n’avez pas à les juger parce que nous les avons choisis. Ils sont juste partie de nous-mêmes. Supposons que votre nez soit cassé, allez-vous commencer à vous juger vous-même : « J’ai le nez cassé, j’ai le nez cassé. » Allez-vous rejeter votre nez ? Il en est de même pour vos parents. Vous ne pouvez pas rejeter vos parents. Mais toute la société va dans ce mauvais sens. C’est un cercle vicieux.

Si Je vous dis : « Allez parler à votre mère », vous pouvez répondre: « Ma mère n’est pas une bonne personne. Elle est comme ceci et cela. » Alors Je devrai dire : « D’accord, alors pardonnez-lui. » Et vous n’aimerez pas cela. Vous attendiez que je dise : « D’accord, vas-y et frappe-la. » Vous auriez apprécié que Je vous dise cela. Certains d’entre vous auraient aimé : « Allez la battre ! » Mais Je n’aurais pas dit cela parce que ce n’est pas la manière que vont employer les Sahaja Yogis.

Vous devez savoir que toute la société est dans un tourbillon. C’est un tourbillon. donc quelqu’un doit se fortifier et s’arrêter pour essayer de changer les vents. Et c’est pourquoi un Sahaja Yogi doit se lever et comprendre l’importance du respect pour ses parents. C’est une chose bien réelle, car si vous n’êtes pas bien avec votre mère, votre côté gauche sera faible. Vous l’avez vu avec les vibrations. Ce que Je vous dis, vous le vérifiez par les vibrations. C’est vous qui allez perdre. Alors pardonnez. Sachez que c’est elle qui vous a donné naissance. Si elle a peut-être été dure avec vous, fâchée contre vous ou vous a fait quelque chose de mal, pardonnez-lui. Et vous serez étonné de voir que vous pouvez gagner sa confiance. Ce n’est pas difficile car, par votre bonté, vous voyez, par votre bonté extrême envers elle, tout compte fait, ça marchera. Peut-être qu’exceptionnellement une personne puisse être mauvaise, mais vous ne devez pas en faire une règle. Exceptionnellement peut-être. Mais, si vous devez changer la société, toute sa façon de penser, quelqu’un doit se lever pour cela.

Et, vous savez, il y a un chakra en vous où cela touche un point du Vide, où le côté gauche touche ce point du Vide. C’est un centre très important pour une mère. Et savez-vous ? Ce centre est très près du centre de l’existence car votre existence en dépend. Supposons qu’un enfant n’ait pas de mère. Il ne pourra jamais être un bon mari. Ce sera très difficile pour lui de l’être parce que toute la féminité, toute la gentillesse, le côté sublime, la grandeur des femmes est d’abord connue par votre mère. Ou une femme qui n’a pas de mère, ne peut jamais être une bonne épouse ou ne pourrait pas être elle-même une bonne mère.

Toutes ces choses existent, alors nous devons les stopper et les changer. Voici le point. Les Sahaja Yogis doivent savoir que nous devons nous changer, nous transformer nous-mêmes. Et c’est le point pour lequel nous nous sentons mal. Nous sommes non seulement responsables de notre changement mais nous devons apporter ce changement dans le monde entier. Quand la société et les êtres humains sont en train d’être détruits, nous devons donc nous lever. Nous devons ainsi changer notre façon de penser.

Qu’y a t-il de mal à parler à votre mère ? Elle ne va pas vous tuer si vous lui parlez. Pourquoi ne lui parlez-vous pas ? Parce que vous la haïssez. Vous désirez qu’elle se sente mal. Vous n’allez pas aller frapper votre mère mais votre seule façon d’être vraiment dur avec elle, c’est de ne pas lui parler. Alors elle se sent rejetée par son propre enfant qu’elle a créé. Dieu doit ressentir la même chose de la façon dont nous Le rejetons.

[A part : …Le côté gauche de tout le monde s’améliore]

Mais essayez d’aimer et vous vous réjouirez parce qu’aimer est la plus grande chose. Aimer quelqu’un, c’est l’adoration, l’adoration absolue, c’est la vénération. Si vous aimez quelqu’un, vous savez que c’est tellement génial, cela vous rend tellement formidable d’aimer quelqu’un. C’est un très grand sentiment : « J’aime quelqu’un. » On se sent pareil à un seigneur : « Oh, j’aime celui-ci et j’aime tellement de personnes et ils sont si nombreux. » Et cette personne n’est pas obligée de m’aimer, Je ne pense pas que tous les Sahaja Yogis m’aiment autant que je les aime, peut-être. Mais je suis très fière de mes Sahaja Yogis et je les aime.

C’est la chose qui donne le plus de joie, c’est vous-même, d’aimer. Être capable d’aimer, c’est la plus grande aptitude qu’une personne devrait avoir – c’est d’aimer les autres. Et dans l’amour, le pardon est le plus important ; c’est pourquoi le Christ a dit que le pardon était la plus grande arme. Et qu’accomplissez-vous en ne parlant pas ? Je veux dire, à quoi arrivez-vous ? Voyons l’autre côté de la médaille : à quoi arrive-t-on en ne parlant pas à quelqu’un ? Rationnellement. C’est une méthode douce, bien sûr, pour les enfants qui disent parfois : « Je ne te parle pas », vous voyez. Alors vous pouvez faire une petite pièce à ce sujet. Mais cela ne doit être qu’un jeu. Si c’est un sujet sérieux, c’est absurde. C’est juste pour jouer, c’est très bien de dire :  » Je ne te parle pas, je ne vais pas te parler pendant un certain temps », il le sait. Mais ce n’est pas sérieux, c’est juste pour faire ressortir certains points. et c’est bien que la mère vienne te faire un câlin, te persuader et essayer de t’aider. C’est une bonne chose. Mais la façon dont nous sommes sérieux à ce sujet est quelque chose de malsain.