Sahasrara Puja sur l’ouverture de l’esprit collectif de Dieu et la responsabilité des Sahaja Yogis après 1970. Shri Mataji retrace le passage de l’ancienne réalisation individuelle — fondée sur le dharma, la purification et l’effort de saints rares — à l’ouverture collective du Sahasrara, où les vibrations deviennent perceptibles jusqu’au bout des doigts. Elle décrit le long travail d’observation, de dénouement et de préparation intérieure qui a rendu possible ce phénomène collectif. Le discours insiste ensuite sur la sincérité, la patience, l’intégration intérieure et extérieure, le privilège de la puja, et la nécessité de jouir de l’esprit collectif plutôt que de ramener Sahaja Yoga aux problèmes personnels.


Sahasrara Puja. Dollis Hill ashram, London (England), 5 May 1980.

Traduction: Ver 23/4/2026.

Nous pouvons dire que le 5 mai 1970, pour la première fois, l’esprit collectif de Dieu s’est ouvert. Jusque-là, la grâce de Dieu se répandait sur l’humanité de façon individuelle, et les gens la recevaient individuellement, un par un. Et le processus de la réalisation individuelle était exactement à l’opposé du processus collectif.

Tout d’abord, on devait établir son Dharma, puis se purifier intégralement en espérant toujours son salut, y consacrant toute son attention, comme on dit :  » Ishwara Pranidhan « , pensant à Dieu, implorant Sa grâce et agissant scrupuleusement selon le Dharma, afin de rester pur. Il fallait maîtriser son mental, ses désirs, ses actions, de façon à ne jamais quitter la voie du milieu.

Et lorsqu’ils parvenaient à surmonter tout cela, Les obstacles, les épreuves, et lorsqu’ils le méritaient, alors seulement la grâce de la Mère leur accordait la Réalisation. Ce processus a prévalu pendant longtemps. Ces quelques personnes qui reçurent la Réalisation ont accompli de nombreuses choses merveilleuses pour préparer Sahaja Yoga. Elles provenaient de tous les horizons, mais étaient très peu nombreuses et uniques. Par exemple, en Inde et dans bien d’autres endroits dans le passé, ces saints ont découvert les cadeaux uniques de la Terre Mère ; ce que vous appelez les swayambhus – créés par eux-mêmes. Ces pierres ou ces statues de pierre, qui avaient été rejetées par la Terre Mère, ont été découvertes par ces saints. Ils y ont érigé des sanctuaires, ils les ont vénérées et, par leur vénération, ils ont fait vibrer ces statues – renforçant ainsi les vibrations et faisant vibrer cette région. Partout dans le monde, il existe de telles pierres, mais seuls les saints pouvaient les découvrir. Ils ont ensuite établi l’importance de la vertu dans la vie : comment la vertu peut vous apporter santé, richesse et prospérité, ce qui est glorifiant, et non ce qui est dégradant ou destructeur. Ils ont fondé des écoles et des universités, en particulier en Inde. Et aujourd’hui encore, en Inde, les familles qui appartiennent à une université portent le nom de cette université comme leur gotra. Et encore aujourd’hui, les familles appartenant à un même gotra ne peuvent pas se marier entre elles. Ils ont élevé leurs jeunes enfants, les ont éduqués, de telle sorte qu’ils mènent une vie très conforme au dharma, qu’ils profitent pleinement de leur vie conjugale, puis qu’ils mûrissent de telle manière qu’ils atteignent la réalisation et mènent une vie de joie complète. Ainsi, ils ont détourné l’attention des gens, qui était tournée vers l’extérieur, vers des valeurs intérieures plus profondes, par leur propre exemple, par leur propre comportement, par leur propre façon de profiter de la vie, en menant une vie très joyeuse et heureuse.

Tout cela a insufflé une sorte de confiance en Dieu, en la religion, et en une vie très bonne et équilibrée. Ils ont vraiment accompli un travail formidable en construisant d’abord les échafaudages de l’immense et magnifique édifice du Sahaja Yoga qui va maintenant voir le jour. Ils sont comme les écrous et les boulons de tout notre fonctionnement. Leur désir d’établir le dharma était si grand que la force divine complète de Mahakali agissait à travers eux. Puis ils l’ont mise en pratique avec une telle compréhension et une telle sagesse. De grands textes sacrés ont été écrits par eux et pendant de nombreuses années, des milliers d’années, ils ont servi de lignes directrices pour les gens.

Ce n’est qu’aux temps modernes, depuis un millénaire environ, que les gens commencèrent à en douter. Jusque-là, les gens doutaient d’eux-mêmes Ils doutaient :  » Nous n’en sommes pas encore capables. Nous ne sommes pas assez bons. Nous ne pouvons pas faire mieux, mais eux sont parfaits. Tout ce qu’ils ont dit est juste.  » Il n’y avait aucun doute quant aux incarnations ou à ces saints, ni à ce qu’ils disaient. Mais le doute portait sur eux-mêmes : Comment se fait-il que ce soit le bon chemin, nous le savons, c’est le vrai chemin, nous le savons ; et pourtant, nous allons dans la mauvaise direction ?

Si vous lisez les poèmes de cette époque, ils ne cessent d’exprimer ceci : Pourquoi, malgré le désir d’être bon, d’être droit, d’être vertueux, pourquoi est-ce que je m’égare sur de mauvais chemins, dans le désert ? Les écrivains de l’époque montraient toujours qu’un homme bon et vertueux était récompensé par les bénédictions de Dieu. Mais tout cela a commencé à s’effondrer avec le développement de l’ego et la contestation du superego. La confusion a commencé à s’installer dans l’esprit des gens et ils ont commencé à douter de ces grandes âmes réalisées au lieu de douter d’eux-mêmes. Comme ils ne pouvaient pas arriver à la cheville de ces grands saints, certains ont été influencés par les nombreuses forces sataniques environnantes, ont joué leur jeu et ont commencé à douter de ces personnes réalisées et de toutes ces grandes Écritures.

Ainsi, d’un côté, nous avons les sceptiques, et de l’autre, les fanatiques. Ceux qui voulaient s’en tenir davantage aux enseignements devaient devenir fanatiques, donc ils sont devenus fanatiques. Et ceux qui doutaient ne parvenaient pas non plus à démontrer les avantages du doute, ni à convaincre les fanatiques qu’ils avaient tort. D’un côté, il y avait donc les fanatiques, et de l’autre, ceux qui doutaient. C’était comme être pris entre deux feux. La véritable religion de l’homme s’est effondrée.

Il ne peut y avoir aucune nouvelle religion: la religion est un processus continu et vivant en nous. Il est notre soutien, semblable à une échelle à laquelle nous grimpons, quittant un à un les échelons, mais ne quittant jamais l’échelle. Tous les échelons sont nécessaires. Il fallait donc établir le dernier, puisqu’aucune de ces deux crises, ni le doute, ni le fanatisme, n’avaient abouti à la connaissance de Dieu, ni à atteindre la Réalité. Elles se sont censurées réciproquement, car ni l’une ni l’autre n’a trouvé la Vérité.

J’ai pris naissance à un moment où ces confusions étaient apparues, leur impact se faisant sentir jusque sur le plan physique. Tous les déséquilibres de la vie se répercutent sur les plans physique, mental et émotionnel, ainsi que spirituel. Quand j’ai commencé à observer autour de moi, j’ai été stupéfaite de voir à quel point l’ignorance avait rendu les gens naïfs, comme si un nuage d’ignorance était tombé sur eux. Autrefois, les gens avaient suffisamment de discernement, suffisamment de sensibilité pour savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Même s’ils se trompaient, ils savaient que le mal était le mal et le bien était le bien. Mais c’est dans cet état de confusion [du monde] que je suis née, et je savais que je devais ouvrir le Sahasrara. J’ai donc commencé mon œuvre après Mes premiers chocs. Je décidai de ne parler à personne et de mener la vie vraiment normale d’une personne ordinaire, sans faire d’éclat, Car, lorsque le Christ est né, une étoile est apparue, c’est ainsi que le roi Hérode a eu vent de Lui, et ses troupes ont agi, et vous connaissez la suite de l’histoire. Si vous naissez avec des signes remarquables, la négativité vous repère immédiatement. C’est ainsi qu’elle m’a repéré et, juste après le 15e jour de ma naissance, il y a eu un très grave accident, comme vous le savez.

J’ai dû travailler très, très dur, vraiment très, très dur pour pénétrer au plus profond de votre être, pour découvrir les différentes permutations et combinaisons. Tout d’abord, j’ai dû identifier vos problèmes fondamentaux, quels sont vos problèmes fondamentaux. Une fois que l’on maîtrise les bases, on peut alors s’attaquer aux permutations et aux combinaisons. Après avoir découvert les bases, j’ai commencé à explorer vos permutations et combinaisons, et j’ai été stupéfaite de voir comment les humains s’intègrent à leur monde extérieur et comment ils y réagissent ; j’ai alors constaté que ces permutations et combinaisons qui se formaient en eux étaient également limitées par leurs autres identités, comme par exemple la société où ils sont nés, leur pays d’origine, ou encore les idées qui y régnaient. Toutes ces choses sont devenues bien plus importantes que l’Être Originel, qui est Universel, en vous.

Et chaque individu avait pris une forme très étrange, drôle, maladroite, que je ne savais pas comment réduire ni comment la ramener à un niveau de croissance suffisant à partir duquel ils pourraient amorcer leur croissance. C’était un travail extrêmement difficile, et je travaillais nuit après nuit, tout en menant la vie très ordinaire d’une personne ordinaire. Je me comportais délibérément comme un étudiant tout à fait simple et ordinaire et je faisais étalage de mon ignorance, mais parfois, vous savez, la vérité a cette fâcheuse tendance à s’échapper, et elle finissait par se révéler. Puis ce travail a commencé et l’un des plus grands problèmes des êtres humains que j’ai découverts était la vie de famille, donc je me suis mariée. Je voulais étudier quels étaient les problèmes de la vie de famille. Et puis j’ai commencé à y faire face comme s’ils étaient les miens et j’ai commencé à comprendre pourquoi les gens se comportent de telle ou telle manière. Car ces connexions doivent être établies, par vous, bien sûr, mais bien plus encore par la Force Divine, et si je pouvais connaître vos problèmes, je serais en mesure d’agir. Puis d’autres problèmes, politiques, économiques et tous ces problèmes-là aussi, j’ai essayé de les étudier car ils sont devenus si importants pour les êtres humains, bien qu’ils soient totalement artificiels, mais c’est ainsi. J’ai donc dû m’y intéresser, comprendre ce qui les pousse à faire ceci ou cela. J’ai dû étudier pendant des années une sorte de science du comportement humain. Et puis, à mesure que vous commencez à dérouler, ou, si vous préférez, à démêler ou à dénouer, ou à retirer les nœuds d’un paquet, vous arrivez à un point où tous les nœuds sont défaits et où il reste encore un nœud, voyez-vous, qui doit être défait. Et c’est ce qui a été fait le 5 mai 1970.

Cela fait, tout le phénomène collectif s’est mis à fonctionner. Et le plus grand phénomène collectif fut que le Shri chakra sur cette terre pouvait être senti par vos doigts. Cela n’avait jamais été le cas auparavant : personne ne sentait ses doigts illuminés, personne ne ressentait les vibrations sur ses doigts à proprement parler, mais ils les ont ressenties en eux-mêmes, grâce à l’éveil de la Kundalini et à tout ce qui s’ensuivait, et à la manière dont ils se sont développés intérieurement ; ils se souciaient davantage de l’individu, et ils ont développé leur être intérieur bien plus que leur être collectif.

Maintenant que le Sahasrara chakra universel a été ouvert, tout le monde commence à sentir les vibrations environnantes avec ses propres mains. Cela signifie qu’auparavant, les chakras eux-mêmes étaient sensibles, mais que maintenant, les doigts qui manifestent le pouvoir d’un chakra particulier ou de chakras peuvent ressentir les vibrations. Cela signifie que la sensibilité au Divin, qui résidait dans les chakras, s’était étendue jusqu’aux extrémités à tel point que l’être humain peut la ressentir au bout des doigts. C’était fantastique.

Donc Mon travail était de déplacer [la sensibilité] du centre vers la périphérie. En la déplaçant, quels que furent les obstacles que je rencontrai, j’ai dû les éliminer l’un après l’autre. Une fois les obstacles supprimés et tout le réseau étant mis en ordre, il fallait produire l’énergie grâce à cet événement de l’ouverture du Sahasrara.

Aussi, pouvez-vous imaginer l’importance de jour. Bon, ceci est pour moi. Je ne sais pas combien d’entre vous savent réellement l’immense travail que le Divin dût accomplir, combien d’entre vous sont réellement reconnaissants au Divin pour cette œuvre extraordinaire accomplie à travers les âges. et maintenant, plus particulièrement au cours de ces quarante-sept années de ma vie. Cela a fonctionné sans relâche, en maintenant l’apparence d’une personne tout à fait normale et ordinaire. Car il fallait toucher l’ordinaire, non pas l’extraordinaire, mais l’ordinaire. Et il fallait faire ressortir les qualités extraordinaires présentes dans l’ordinaire en les approfondissant. Telle était cette tâche colossale. Mais je dois dire que, quand Sahaja Yoga a commencé à se développer, on m’a aussi donné de très grands travailleurs, des outils pour Sahaja Yoga, qui en ont pris la responsabilité comme si c’était la leur. Et vous devriez tous leur être reconnaissants, car ils ont vraiment travaillé très dur avec moi, en en assumant la responsabilité comme la leur. Ils étaient quelques-uns, mais ils l’ont fait. Les autres peuvent être classés en plusieurs catégories : Certains sont simplement venus pour leur propre guérison ou quelque chose de ce genre, à un niveau très bas. Ou pour leurs proches ; lorsqu’ils ont atteint la réalisation, ils m’ont amené tous leurs proches malades. Puis certains sont venus pour leurs problèmes financiers et toutes sortes de troubles psychologiques. D’autres encore sont venus pour leurs problèmes familiaux et spirituels, afin de s’en débarrasser. Mais ceux qui en ont fait leur propre responsabilité, qui ont compris que c’était ce qu’ils devaient faire, que c’était leur vie, que c’était là leur raison d’être, y ont consacré toute leur attention et ont fait ce qu’ils pouvaient, à leur niveau.

Aujourd’hui, nous devons donc comprendre : nous avons vraiment besoin de ces gens courageux qui se sentent responsables, ce qui est une vertu très importante chez les Sahaja Yogis. Les choses personnelles, vos propres chakras et vos propres problèmes, tout cela n’a pas d’importance, car si l’ensemble s’améliore, vous vous améliorerez aussi. Si l’ensemble du corps s’améliore, vous vous améliorerez aussi. Mais si un seul doigt va mieux alors que le reste du corps souffre, vous ne serez pas heureux non plus. Donc, l’essentiel est : que faites-vous pour le Sahaja Yoga ? Que pouvez-vous faire ? Jusqu’où pouvez-vous aller ? Comment allez-vous vous y prendre ? Dans tous les domaines et tous les aspects de la vie, ceux qui s’y consacrent vraiment en assumant cela comme une grande responsabilité, sont ceux à qui l’on donnera de plus en plus de pouvoirs et d’opportunités. Alors, dans le Sahaja Yoga, vous verrez que c’est si simple et pur, absolument pur. Il n’y a rien de louche là-dedans. Depuis l’argent jusqu’au fait que vous, les gens, vous me confiez des choses. Vous m’avez tout raconté sur vous, et je sais tout de vous, j’ai tout pris dans Mon Océan d’Amour, et j’ai essayé de vous aider de toutes les manières possibles, à l’extérieur, à l’intérieur, en résolvant vos problèmes. On voit clairement combien Sahaja Yoga est pour vous comme une Mère. Mais bien que vous en tiriez pleinement parti, vous restez davantage attachés à vos propres plaisirs et à votre propre conception du plaisir. Vous ne savourez toujours pas cet Esprit collectif qui s’est manifesté le 5 mai 1970. Vous, encore aujourd’hui, en compagnie les uns des autres, vous en profitez davantage comme des gens qui ne sont pas des Sahaja Yogis. Aujourd’hui est le jour d’une grande prise de décision : vous allez commencer à jouir de votre Esprit collectif. Tout pour la collectivité, alors le plaisir sera maximal. Vous n’aurez jamais l’impression d’avoir sacrifié quoi que ce soit. Mais si nous n’avons pas plus de gens comme ça, les autres laveurs de vaisselle ne servent à rien. Les Sahaja Yogis simples laveurs de vaisselle ou de très bas niveau sont absolument inutiles, ceux qui ne cherchent qu’à profiter et à passer un bon moment, et tout ce genre de personnes. Ils ne vont pas beaucoup nous aider.