Conversation intime donnée à l'ashram d'Applecross à Perth (Australie occidentale) le 2 mars 1985, en marge d'une longue tournée — Shri Mataji s'inquiète d'emblée pour Warren épuisé : « Il doit être fatigué, le pauvre ! Moi ça va car Je sais comment gérer, mais pour lui c'est un vrai marathon. » Bref détour sur les services à thé incassables rapportés de France pour les yogis d'URSS qui les conservent intacts et ne les utilisent que pour Elle. Puis tout le discours bascule sur la pédagogie sahaja des enfants occidentaux, en contrepoint des enfants indiens « extrêmement constructifs ». Programme technique méthodique : massage quotidien du corps jusqu'à cinq ans, huilage abondant de la fontanelle, coucher à 20h et lever à 6h pour dix heures de sommeil, jusqu'à douze ans car « l'os sternum fabrique toujours les anticorps ». Mise en garde frontale contre l'amour-confiture qui gâte : « Trop d'amour signifie en quelque sorte gâter. » Anecdote correctrice sur l'enfant exigeant d'une mère croisée dans le train : « Tu donnes trop d'attention à l'enfant, c'est pourquoi il demande tout le temps ton attention. » Interdiction des « Pourquoi ? » incessants qui développent un « tempérament roublard ». Verdict sur le mécanisme moderne du choix qui forge l'ego : le matin, plus de « Qu'est-ce que tu veux ? » — « Ce qui est bon pour un enfant devrait être mangé par tous les enfants. » Diagnostic comique aux États-Unis où chaque carreau de faïence est différent et où l'on n'achète plus une maison pour cette raison. Bannissement des formules « j'aime / je n'aime pas / je déteste » qui sont des poisons d'ego. Anecdote de la veille où un monsieur avait évoqué un Dieu personnel à la carte : « S'il ne la veut pas, qu'il aille au diable. » Recadrage des yogis adultes eux-mêmes : « Bien sûr de nos jours ils n'utilisent pas leurs griffes, mais quand même... » Recommandation d'utiliser « monsieur » au lieu de « tu » pour gronder un enfant avec dignité. Sur le couple : zéro dispute devant les enfants, « ce qui doit arriver arrive à l'intérieur de vous ». Sur la famille de sang qui résiste : « Votre responsabilité finit au moment où ils refusent de venir à Dieu. » Confidence émouvante : « Même certains membres de Ma famille n'ont jamais été proches de Sahaja Yoga... J'étais absolument seule. » Programme d'expansion locale : panneau d'affichage devant l'ashram (« Bonne santé et richesse »), école pour enfants du voisinage, contact avec maires/policiers/professeurs, anti-fakirs en réseau international avec Marie à Paris. Annonce du havan correctif pour purifier la maison troublée et des citrons à vibrer dans les quatre coins. Achat la veille de lampes doubles en argent fabriquées en Australie pour les yogis de Sydney, gravées « Présenté par les Sahaja yogis de Perth ». Et cette pointe sociologique : « On a trouvé que les choses en plastique étaient les plus chères, puis le verre, ensuite le cristal moulé, et le meilleur marché était le cristal taillé à la main. »
Discours sur l’éducation des enfants, ashram de Perth, Australie, 2 mars 1985
Shri Mataji: Lui ?
Il doit être fatigué, le pauvre! vous voyez, il est resté avec Moi tellement longtemps! Moi ça va car Je sais comment gérer, mais pour lui c’est un vrai marathon.
Shri Mataji: Le (inaudible) est à la maison.
(Shri Mataji rit)
Certains, Je les ai achetés pour les Sahaja Yogis d’ici, en verre, très beaux et pas très chers. Parce qu’ils aiment toutes ces choses, les verres, et J’ai acheté des tasses et des sous-tasses, ils les ont vraiment bien aimés.
Car vraiment, nous ne sommes pas très bons pour la vaisselle et c’est très cher, du moins ce qui est très beau. Vous voyez, la plupart est exporté en Russie, si bien que nous n’avons pas de ces choses de bonne qualité pour les gens ordinaires. Seuls les plus riches peuvent se les acheter. Par exemple un beau service à thé ici coûterait pas moins de cinquante livres, ou soixante. Disons que quoi que vous leur donniez c’est si beau pour eux, ils l’apprécient, ce service incassable que vous avez acheté. Cela venait de la France.
J’ai acheté les saris et autres choses là-bas et aussi ces tasses et sous-tasses pour qu’on les leur donne. Ce sont les choses qu’ils apprécient le plus. Et ils ont toutes ces tasses et sous-tasses toutes intactes et parfois, ils les utilisent seulement pour Moi. Je leur avais dit : « Cela avait été donné pour vous, mais pourtant vous les utilisez seulement pour Moi-même ? »
(Shri Mataji rit)
Pour eux, cela a parfois plus de valeur que même l’argenterie.
Un Sahaja Yogini : Ils ont tellement de … (pas clair)
Shri Mataji: De l’argenterie, ils en ont pas mal, c’est assez bon marché, et également dans chaque famille, ils ont de l’argenterie. Alors pour eux, l’argenterie n’est pas si formidable.
Et importer quoi que ce soit est si compliqué que quand des étrangers arrivent, les douanes sont extrêmement tolérantes.
(Shri Mataji rit) Vous n’avez pas à vous en faire, vous entrez tout simplement.
Or, l’une de Mes préoccupations concerne les enfants, ici, qui sont très jeunes et Je pense que les enfants de ce pays, ou de n’importe lequel des pays occidentaux, on doit s’en occuper correctement, de manière appropriée. J’ai déjà fait quelques remarques et Je crois que cela a circulé depuis Londres. J’espère que vous avez ces notes que Louise a prises.
Mais une chose sur laquelle vous devez insister, c’est le massage du corps, ce qui est important jusqu’à environ cinq ans. Chaque jour, l’enfant doit être correctement massé, le corps doit être massé, et alors ils deviennent des enfants tout calmes.
Deuxièmement, Je trouve que cette partie de la tête, si elle n’est pas recouverte correctement par de l’huile, les enfants ont des problèmes. Donc, ce que vous devez faire, c’est mettre de l’huile sur cette partie de l’os de la fontanelle, pas mal d’huile sur les côtés aussi, tous les jours, et la masser vers l’extérieur comme cela. Et si vous voulez, vous pouvez laver les cheveux, mais vous n’y êtes pas obligés. Mais vous pouvez aussi laver les cheveux avec un shampoing ou quelque chose qui n’est pas très – Je veux dire, avec quelque chose de très doux. Vous pourriez prendre un shampoing pour bébé ou autre. Mais le mieux, c’est de mettre de l’huile. C’est important. Huiler les enfants, c’est mieux quand ils sont jeunes. Et si vous les huilez correctement, vous serez surpris de voir que ce seront des enfants très calmes et qui ne vous poseront pas de problèmes.
Vous avez vu les enfants indiens? Vous n’avez jamais ce sentiment. S’ils assistent à un programme, ils M’écoutent. Je ne sais pas ce qu’ils comprennent, mais ils restent si calmes, totalement, et très attentifs. Je ne sais pas jusqu’à quel point ils comprennent, mais ils ressentent les vibrations Je pense. Il est donc important que vous les massiez.