Veille du Sahasrara Puja à Vienne sur Nirvikalpa, l’abandon total et l’urgence d’entrer dans le Maha Yoga. Shri Mataji explique que le Sahasrara, ouvert par la Déité du Sahasrara elle-même, ne peut rester ouvert que par l’abandon réel : abandon des conditionnements, de l’ego, du confort, de la commodité et de l’attitude occasionnelle envers Sahaja Yoga. Elle avertit que l’état de Nirvikalpa exige une progression stable, comme une fleur qui s’ouvre sans se refermer, et non un pendule d’attention qui monte et retombe. Le discours établit la gravité de Vishva Dharma : devenir des instruments purs, sans points noirs, capables de porter le salut de l’humanité et de faire le vœu intérieur d’un dévouement complet.
Sahasrara Day Puja, evening before, « Nirvikalpa ». Vienna, May 4, 1985.
English transcript verified IBP
Traduction V 30/4/2016
S’il vous plaît, asseyez-vous. Quel bel endroit. Vraiment.
C’est un grand plaisir de voir tant de Sahaja Yogis venus célébrer le jour du Sahasrara.
Sans la percée du Sahasrara, nous n’aurions pas pu accomplir l’ascension en masse. Mais le Sahasrara, c’est-à-dire le cerveau, est devenu beaucoup trop compliqué en Occident. Et les nerfs y sont tellement entortillés les uns sur les autres. Garder le Sahasrara ouvert devrait être très facile pour les Occidentaux si leurs cerveaux pouvaient comprendre et être conscients à propos de votre Mère.
Votre Mère étant la Déité du Sahasrara, la seule façon de pouvoir maintenir le Sahasrara ouvert, c’est un abandon total.
Pour cela, beaucoup Me demandent : « Comment faire ? » Voilà vraiment une question bizarre. Hors de propos. Si votre Sahasrara a été ouvert par quelqu’un et par chance c’est la Déité devant vous, cela devrait être vraiment la chose la plus facile que de s’abandonner. Mais ça ne l’est pas. C’est difficile parce que l’attention qui est montée à travers les cellules du cerveau et s’exprime à travers ces cellules, est polluée, impure, destructrice. Elle endommage les nerfs et, quand les nerfs sont endommagés, la lumière de l’Esprit ne brille pas sur eux. Et vous vous sentez incapable d’abandon. Normalement cela devrait être la chose la plus facile à faire.
Il faut alors avoir une approche mentale à l’égard de soi-même. Il faut se parler à soi-même et se dire : «Que fais-tu donc ? Qu’est-ce que s’abandonner ? C’est être dans la joie. Juste être dans la joie. Alors pourquoi ne puis-je pas m’abandonner ? Que manque t-il en moi ? Suis-je une personne de très bas niveau ? Suis-je quelqu’un qui disait juste être un chercheur, alors que ce n’étaient que des mots ? Suis-je si malhonnête que je ne puisse pas m’abandonner ? Et dans ce cas, de quoi suis-je donc fier de moi-même ? Si c’est le cas, alors pourquoi suis-je tellement épris de mon ego ?» Que vous faut-il abandonner ? Une goutte d’eau doit se dissoudre dans l’Océan pour devenir l’Océan, mais une goutte d’eau ne peut être plus grande que l’Océan, n’est-ce pas ? Alors abandon de quoi ? Abandon de nos conditionnements, de notre ego, et des barrières artificielles que nous avons construites autour de nous. On peut s’approcher de soi-même mentalement, émotionnellement et on peut avoir aussi une approche physique de nous-mêmes. On peut s’approcher de nous-mêmes par les mantras, par l’introspection, par la connaissance de soi. Mais il faut savoir qu’il s’agit ici de la plus grande des plus grandes opportunités, pour vous, pas pour le Divin. Si vous n’êtes pas disponible, le Divin peut trouver Ses propres moyens de réaliser la dernière apogée de Son expression.
Même pour comprendre l’immensité de la tâche, il vous faut un cœur prêt à s’abandonner. Quand c’est à travers la seule approche mentale que vous y arrivez, vous développez un ego mesquin avec l’idée que vous faites un grand travail. Ainsi, une fois J’ai téléphoné en Amérique pour dire que Je venais. Et il y a là bas, à Los Angeles, un très grand savant indien originaire du Maharashtra. Il a manqué le prix Nobel. Un grand savant, vraiment. Il M’a immédiatement téléphoné pour Me dire : « Mère, je viens à New York pour Vous accueillir, je prends un congé de quinze jours. Quand vous serez ici, je veux être auprès de Vous. Qu’y a-t-il d’autre à faire ?
En fait, je pratique Sahaja Yoga à l’occasion et comme cela m’arrange, quand j’en ai le temps. C’est comme ça, n’est ce pas ? Mais je voudrais voyager avec Vous en Europe, partout où Vous allez et y passer quelque temps avec Vous, sinon qu’est-ce que je fais ici ? »
Mais j’ai entendu dire qu’on arrive à des moments différents pour le jour du Sahasrara. Quelle surprise ! C’est typiquement occidental. Occasionnellement on pratique Sahaja Yoga, surtout occasionnellement, Il faut que cela soit commode, plutôt un week-end. Où justement à l’occasion d’un congé on peut aller à Vienne. Là, bien sûr, au passage, on aura un puja, et, à l’occasion toujours, Mère élèvera notre Kundalini. Elle éveillera les déités en nous et, à l’occasion, nous goûterons les joies de Ses bénédictions. Point de sacrifice pour Dieu. Pas de temps, on n’en a pas. Tout est fait occasionnellement. C’est assez surprenant. Pour la guerre les gens sacrifient leur vie, pour la destruction ils travaillent vraiment dur, jour et nuit. Mais pour la construction de l’humanité, pour le but ultime de la Divinité, en Occident, combien sont ceux qui s’abandonnent réellement ? « Si cela nous arrange, nous serons là. » Sahaj ! « C’est le style Sahaj. Il faut y parvenir de façon Sahaj. » J’ai entendu cela bien des fois. Il y en a encore beaucoup qui ont ce genre d’attitude envers Sahaja Yoga. C’est parfois surprenant pour Moi. Si Je Me rends dans un village [en Inde], les gens prennent un congé de 15 jours, d’un mois. A Rahuri, les gens prennent un congé d’un mois pour préparer Ma venue. Un jour de congé pour eux, c’est énorme. C’est là qu’est le mérite, non pas dans l’habillement, la nourriture ou les possessions. mais dans ce que l’on peut donner et sacrifier. Il faut couper les attaches de la vie mondaine. Vous devez le comprendre. Il s’agit d’un progrès pour des gens semblables à des esclaves attachés à des chaînes, les chaînes du désir, de la suffisance, de la léthargie, les chaînes de l’égo aussi dur qu’une bûche.
Il nous faut donc nous comprendre nous-mêmes. Chacun doit comprendre, de lui-même, qu’à travers vous, le salut du monde doit advenir. Vous avez été choisis pour l’émancipation de toute l’humanité. Le Divin veut que vous travailliez en tant que canal à l’embellissement de cet univers pour manifester l’expression ultime de l’amour de Dieu. Quand Je dis ceci, Je constate que, automatiquement, l’ego se met à gonfler. Au contraire, un abandon pour se remplir de nectar, du nectar de la divinité, permet, quand vous allez vers les autres, de déverser sur eux la beauté et l’amour de Dieu. C’est à vous de bien le comprendre et non aux autres. Ne faites de reproche à personne. C’est si précieux que personne ne peut décrire la grandeur de ces moments que nous passons ensemble. Vous devez ressentir de l’intérieur cette mission que vous avez reçue de votre propre Esprit, de votre propre état. Vous pouvez remplir cette mission. Mais le manque de confiance en vous-même ne peut vous donner le pouvoir de vous abandonner. S’abandonner c’est avoir le Sahasrara ouvert et le maintenir complètement ouvert pour que l’état de Nirvikalpa s’établisse en nous. Il devrait y avoir une progression régulière de l’amélioration, une progression régulière de l’ouverture.
Avez-vous jamais vu une fleur de Lotus ou toute autre fleur s’épanouir puis s’arrêter pour recommencer et puis s’effondrer pour à nouveau fleurir ? Avez-vous vu un phénomène aussi absurde dans la nature ? Vous vous élevez puis retombez, à nouveau vous vous élevez puis retombez. Avez-vous jamais vu un arbre croître puis retomber dans la boue, croître de nouveau et puis encore retomber dans la boue, blâmant les autres ? Avez-vous vu un animal se mettre à grandir puis rapetisser, grandir à nouveau et à nouveau rapetisser ? Et ces palais immenses qui ont été construits avec tant de beauté pour nous, les voyez vous soudain rétrécir puis s’effondrer, et à nouveau prendre de l’ampleur ? Seuls les ballons de l’ego et du superego font cela. Et quand vous vous identifiez à eux, vous devenez des personnalités très étranges. Le lotus de votre Sahasrara est ouvert maintenant. Il doit s’ouvrir encore et encore et ne devrait pas s’effondrer soudainement puis à nouveau s’ouvrir et de nouveau s’effondrer. C’est un phénomène très compliqué qu’on peut remarquer en Occident et en être vraiment surpris parfois. Pour Moi, c’est parfois très choquant: quelqu’un soudain viendra dire : « Oh je suis très inquiet à propos de ceci, je suis très inquiet à propos de cela. » Pour un autre, ce sera : « Je veux quitter Sahaja Yoga maintenant. » Ou bien : « Oh, c’est trop, je ne peux pas en faire plus.»
Aussi devons-nous comprendre qu’il y a là quelque chose de très singulier en nous, quelque chose d’absurde, et que c’est pour cela que ça arrive. Nous allons en avant, en arrière, en avant, en arrière, tout le temps. Quel est ce pendule ? Certainement pas le Sahasrara. Le Sahasrara n’est pas un pendule. C’est un lotus. Alors le pendule c’est l’attention : chitta. Cette attention qui va de gauche à droite, de droite à gauche, comme ça tout le temps. Mais le domaine du Sahasrara est le royaume de Dieu. Quand le Brahmarandhra s’ouvre pleinement, alors les cieux s’ouvrent à l’intérieur de vous. La Kundalini qui s’est élevée et vous a donné la Réalisation, crée cette ouverture subtile par laquelle le Divin commence à déverser toutes Ses subtilités dans votre cerveau. Mais si vous le pressez de chaque côté avec ces ballons, tantôt ouvert, tantôt fermé, tantôt ouvert, l’attention du Divin se retire.
Vous devez le savoir. Son attention se retire et si cela se produit de nombreuses fois, le Divin ne S’en soucie plus.
C’est donc à vous d’atteindre cet état de Nirvikalpa et c’est à la portée de tous. Dans cet état, il n’y a que progrès. Après Nirvikalpa, vous ne pouvez retomber. Si quelqu’un passe encore par des hauts et des bas, il doit savoir qu’il n’est pas encore du niveau et il doit faire face à lui-même et se dire : « Non, je dois être en Nirvikalpa où je ne retombe pas. » Ceux qui ne sont pas dans l’état de Nirvikalpa ne vont pas être sauvés. Je suis vraiment désolée de le dire, ils ne vont pas être sauvés. Ils seront punis. Peut-être pas de la même façon que ceux qui ne sont pas des âmes réalisées, mais ils ne siègeront pas au royaume de Dieu Tout Puissant. Vous devez au moins atteindre l’état de Nirvikalpa. Ne blâmez pas les circonstances ; ne blâmez pas vos pères, mères, frères, l’atmosphère, ceci ou cela. Il est inutile de blâmer qui que ce soit, du genre : « La venue d’Untel nous a influencé. » Mais qu’avez-vous donc ? Je suis ici et vous n’êtes pas influencé par Moi. Comment êtes-vous influencé par quelqu’un de manifestement si stupide et manipulateur ? A quel niveau êtes-vous donc ?
Aussi ai-Je décidé de vous dire demain, comment être dans l’état de Nirvikalpa. Comme Je l’ai dit, nous pouvons adopter une approche mentale. Mais si, m’adressant à votre mental, Je vous dis de prendre tel médicament et que vous ne le prenez pas, on est resté sur le plan mental, et le médicament reste au placard. Pour vous rien n’a changé du tout. Mais vous dites : « Oui Mère, nous avons écouté Votre conférence. » Alors l’idée directrice, pour le puja de demain, – J’en ai décidé ainsi- c’est que vous devez être dans l’état de Nirvikalpa. On peut dire que ce jour du Sahasrara est un très grand jour parce que Je ne vous ai jamais lancé un tel ultimatum auparavant. Parce que maintenant, nous nous sommes établis en tant que Vishva Dharma, la Religion universelle. Ce n’est pas comme dans les autres religions, où, après la mort des incarnations, les gens ont institué une religion pour en faire totalement à leur guise. Au cours de notre vie même, nous allons faire de nous l’instrument qui représentera Vishva Dharma. Nous devons avoir en nous des déités fortes. Nous les avons affaiblies à cause de toutes sortes d’erreurs. Ça ne fait rien ! Elles sont faibles parce que nos traditions ne nous ont pas apporté de force. Ça ne fait rien ! Mais maintenant que cette Religion a été établie, nous ne pouvons plus avoir de points noirs. Nous avons fait la sélection, l’entraînement, tout. Il vous faut tous sauter dans le bateau maintenant. Il n’y a plus de temps pour lambiner. Ceux qui sont derrière seront laissés derrière.