Premier darshan à l’ashram d’Englewood sur l’Amérique comme Vishuddhi, la culpabilité, l’agressivité, le Desh qui doit devenir Pradesh et la purification des seize pétales. Shri Mataji explique que se sentir coupable ou culpabiliser les autres sont deux attitudes contraires à Shri Krishna, surtout sur la terre du Vishuddhi. Elle décrit les activités anti-Krishna de l’Amérique : exploitation, individualisme, conditionnements mentaux, agitation des yeux, fausses images de la féminité et perte de respect envers les femmes. Le discours appelle les Sahaja Yogis d’Amérique et du Canada à assumer une responsabilité particulière : devenir témoins, purifier les sens, dépasser les illusions mentales et restaurer le Vishuddhi dans la pureté, la dignité et le discernement.


Conversation avec les Sahaja Yogis, First Darshan, Englewood Ashram, New Jersey, USA. 1 June 1985

Tout d’abord, les Sahaja Yogis n’ont aucune raison de se sentir coupables, surtout lorsque vous êtes sur la terre de Shri Krishna. C’est une activité anti-Krishna. Lorsque Krishna n’est pas éveillé, cela ne pose pas de problème. Mais s’il est éveillé en nous, alors cela ne va pas du tout. Les deux choses sont mauvaises : se sentir coupable et culpabiliser les autres, être coupable et être agressif, les deux choses sont mauvaises.

Pour cela, il faut comprendre que tous les centres ont leur propre pays, et qu’un pays s’appelle ‘desh’ en sanskrit. Et lorsqu’il est éclairé, il s’appelle ‘pradesh’. Donc, si nous voulons faire de l’Amérique un ‘Pradesh’, ce n’est pas une tâche très facile. Toutes sortes d’activités contraires à Krishna sont menées par les gens qui vivent ici. Et donc, pour en faire un Pradesh, nous devons d’abord en faire un Desh, puis nous pourrons en faire un Pradesh.

Comme je le dis, le Canada représente le côté gauche du chakra du Vishuddhi, et aussi le gauche — ou le droit, on peut dire — car tous les minéraux, toutes les richesses naturelles du Canada sont exploitées par l’Amérique. Donc ce qui leur appartient, c’est comme si on arrachait la chair de son propre corps pour la manger et se sentir rassasié. Toutes sortes de qualités agressives du côté droit y sont exercées. Maintenant, pour les ramener à un niveau approprié, la nature elle-même agit : chaque fois qu’ils entreprennent ces activités, la nature agit contre eux. La politique agit contre eux. L’économie agit contre eux. Mais ils ne réalisent pas qu’il y a quelque chose de fondamentalement mauvais dans ce qu’ils font.

Nous devons suivre notre propre nature telle qu’elle est. Donc nous sommes le peuple d’Amérique qui représente la qualité du chakra du Vishuddhi : ‘vi-shuddha’. ‘Shuddha’ signifie pureté. ‘Vi-shuddha’ signifie ce qui est ‘absolument illuminé par la pureté’. Cela vous fait sourire à propos de cette situation – ‘vishuddha’. ‘Vishuddha’ signifie absolument net, illuminé par la connaissance, absolument pur. Ainsi, vous comprendrez ce que je dis : toutes ces activités que nous menons ici qui vont contre Dieu.

Et ces choses sont reprises par le monde entier, parce que c’est aussi le Virata. Les gens tentent d’accepter ce que l’Amérique fait, en bien ou en mal. Quand l’Amérique était bonne, des gens comme Abraham Lincoln étaient là. Ils ont accepté la démocratie, le Virata ; c’est un Virata, le peuple pour le peuple, un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est l’idée du Virata qui a été acceptée.

Mais l’activité contraire au Virata vient du fait que nous sommes très individualistes. À tel point que chaque salle de bain est différente, chaque voiture différente, chaque porte différente, on ne sait pas comment s’y prendre, très individualiste et maintenant de manière très grossière. Il faut donc comprendre que le chakra du Vishuddhi a seize pétales : les yeux, le nez, la langue – qui est très importante – la langue est la chose la plus importante – les oreilles, la gorge, tout cela est gouverné par le chakra du Vishuddhi. Dans chaque pays, les gens font quelque chose de mal contre le chakra du Vishuddhi. Mais c’est en Amérique et au Canada que c’est le plus présent. C’est une erreur de vendre continuellement, creuser la Terre Mère pour l’Amérique, accepter l’agression de l’Amérique ! Et ce que l’Amérique leur fait est également une erreur, les deux choses sont mauvaises.

La responsabilité des Sahaja Yogis dans ces deux pays est donc la plus grande de toutes. Dans d’autres pays, ce n’est pas si grave. Je dirais que les Indiens sont également assez individualistes dans certains domaines, comme l’alimentation. La nourriture est très importante pour eux. Les Indiens sont très particuliers en matière de goût. Très particuliers. Je vous disais tout à l’heure qu’avant de venir travailler en Amérique, je devais cuisiner pour mon mari. Je me suis levée à 4 h 30, j’ai tout préparé, tout mis au congélateur, puis je suis partie, parce que le goût est très important. Il ne peut pas passer outre. C’est un homme puissant, mais il ne peut pas dépasser son goût. Les Indiens n’ont pas autant de pouvoir pour dominer leur goût. Pour le goût, ils iraient n’importe où. Mais ce n’est qu’un problème parmi d’autres. Ils peuvent aussi mentir très facilement. C’est un autre problème lié à la langue. Disons donc que la langue est un problème assez important pour les Indiens.

Mais ici, les yeux, les yeux vacillent tout le temps. C’est très curieux. On ne voit personne avec un regard stable. Tout le visage est pris d’une sorte de tic nerveux. Les yeux ne sont jamais stables, ils tournent en rond, encore et encore. Je ne sais pas ce qu’ils regardent. Et tout est fait pour que vos yeux soient abîmés.

Les yeux ont un rapport avec le chiasma optique, qui a un rapport avec votre façon de penser. Parce qu’ici, les êtres humains sont plus mentaux, créés ainsi, faits ainsi. Ils ne savent pas à quel point ils sont conditionnés. Ils sont conditionnés mentalement. Or, ils créent des images, ils créent l’image d’une personne. Pour eux, telle ou telle personne est l’incarnation parfaite de quelque chose.

Prenons l’exemple des femmes maigres. En Inde, il est difficile d’épouser une femme maigre. S’ils voient une femme maigre, ils disent : « Baba, Dieu seul sait quelle maladie elle a, elle doit être colérique, elle doit être irritable de nature » [Shri Mataji parle en hindi]. Il y a tellement de mots pour la décrire, ‘cabadi’, ceci, cela. Une telle fille n’est tout simplement pas considérée comme ayant un tempérament compatible avec le mariage.

Mais ici, une fille maigre est bien considérée. Alors j’ai demandé : « Pourquoi une fille maigre est-elle si célèbre ? On ma dit : « Elle est féminine ». J’ai répondu : « Comment ça ? C’est une signe du côté droit. Si quelqu’un est trop sur le côté droit, il maigrit. Comment est-ce possible ? » Alors ils ont dit : « Non, c’est parce qu’elle attire les hommes ». Je veux dire, c’est trop pour une femme de penser comme ça. Je veux dire, quelle est la différence entre une prostituée et une femme qui veut être attirante pour tous les hommes du monde ? C’est horrible. Être dans le désir de demander aux autres hommes de vous regarder tout le temps, c’est quelque chose que je ne peux pas comprendre ! C’est une chose grave. Quand ils m’ont dit cela, j’ai été choquée.

En Inde, pas dans les villes, je ne sais pas, s’il y a un endroit particulier dans les petites villes, si un homme vous regarde, vous devez lui donner une gifle. [Shri Mataji parle en hindi]

Tout cela est si mental et si stupide. Si mental et si stupide, et je pense qu’ils ont bien berné les femmes ici. C’est très surprenant, voyez-vous, qu’ils veuillent faire des femmes des prostituées, et que les femmes aient accepté cette situation pour être attirantes auprès de tous les hommes. Pourquoi ? Quel est l’intérêt ? C’est une illusion qu’ils ont créée, une illusion sur les femmes, selon laquelle elles devraient être attirantes pour les hommes, mais que font-ils de cette attirance ?

Donc, de telles idées illusoires sont créées et vous ont conditionné mentalement à croire en ces illusions. Une fois que vous êtes dans cette illusion, vous y croyez. Mais quel est l’état d’une personne qui se trouve au niveau du Vishuddhi ? C’est un ‘sakshi’, c’est un témoin. Il est témoin de tout. Tant qu’il ne dépassera pas ces illusions, comment pourra-t-il être témoin des choses?

Tous ces conditionnements, ces conditionnements bizarres qui se sont installés dans le mental, se sont tellement insinués dans le mental à travers les médias, on pourrait dire, peut-être à travers les écrits. Je ne sais pas comment cela a pu arriver à des gens sensés comme vous. Et puis, nous avons accepté ces idées, et nos images sont devenues comme ça. Et c’est un très gros problème, parce que ces images ne correspondent pas aux images de Dieu. Et une fois que vous commencez à accepter ces images horribles comme étant parfaites, que devient votre société ? Vous devenez ces images, qui sont artificielles, qui sont contraires à Dieu.

La femme doit être respectable, sereine.

Il y a très, très, très longtemps, il était écrit : « Yatra naryastu pujyante » [sanskrit] : « là où les femmes sont respectables et respectées, résident les dieux. »