Public Program. Geneva (Switzerland), 11 June 1985.
English transcript verified IBP
Traduction française version 1/1/2014.
Programme public donné à Genève le 11 juin 1985 — Shri Mataji ouvre par la métaphore canonique des racines invisibles de l'arbre, opposant l'humilité scientifique d'un Newton à l'arrogance occidentale industrialisée qui ne se sait plus malade : « Si vous ne recherchez pas vos racines, vous serez complètement détruits. » Diagnostic du mental occidental obsédé par la nouveauté, fabriqué comme les usines fabriquent la mode : « Tout ce qui est nouveau n'est pas toujours bon ; par exemple, le plastique a été nouveau en son temps. » Charge nominative contre Freud privilégié à Jung pour ses idées nouvelles, contre Paul qui n'avait rien à faire avec le Christ — « Comment il est présent dans la Bible, Je n'arrive toujours pas à le comprendre, depuis Ma toute petite enfance » — et contre Augustin qui institutionnalisa le conditionnement. Anecdote de l'évêque de Canterbury interviewé à la télévision se déclarant agnostique : « Que faites-vous ici, alors ? — Je fais mon travail. — D'accord, moi aussi je fais mon travail. » Critique virulente d'un écrivain allemand auteur d'un livre épais affirmant que la Kundalini donne chaleur, maladies, danses et sauts. Galerie de symptômes occidentaux : les robinets américains tous différents par soif de nouveauté, les punks anglais aux cheveux colorés (« Pour Moi, ils ont l'air de clowns »), la maladie d'Alzheimer touchant un Américain sur cinq avant 35 ans selon le Reader's Digest du jour, l'épidémie de SIDA prophétisée par Shri Mataji dès 1972 aux États-Unis (« N'adhérez pas aux théories freudiennes, et ne vous laissez pas tenter par des perversions absurdes »). Citation centrale du Christ sur les yeux adultères et l'innocence du chiasma optique au chakra de l'Agnya. Définition de la vraie compassion divine en contrepoint de l'aide humanitaire suisse : « La pauvreté est créée par des êtres humains, pas par Dieu. Si un pays comme l'Inde, gouverné pendant trois cents ans, devient pauvre, qu'y a-t-il de si surprenant ? » Pointe sociologique : « Les Suisses sont très forts pour fabriquer de bonnes montres et veulent que les gens économisent leur temps ; mais ils n'ont pas de temps pour Dieu. Pareil avec les Japonais. » Protocole de Réalisation déroulé en direct : mains gauche-droite, chakras du cœur au sommet du crâne, autopardon en seize fois (ou 108 fois pour ceux qui ne croient pas), pardon universel, fontanelle tournée sept fois dans le sens des aiguilles d'une montre. Appel solennel à William Blake : « Les hommes de Dieu deviendront des prophètes, et ils auront le pouvoir de transformer d'autres en prophètes. » Bandhans à sept tours, nœuds de Kundalini par trois. Long sas de questions-réponses individuelles auprès du public — Pérou, Porto Rico (« beau pays ! »), Cambodge, Bolivie, Inde, Russie où Shri Mataji vient de donner la Réalisation à « de grandes âmes » et promet un enseignement depuis l'Inde dans trois mois. Identification d'un enfant né réalisé qui guérira sur place une dame asthmatique, et recadrage d'une yogini qui prétendait avoir reçu une transmission verbale d'un tiers : « Il a tort. Vous devez avoir la connaissance complète. »
Je salue tous les chercheurs de vérité.
Mais la vérité a deux facettes: l’illusion que nous voyons peut ressembler à la vérité, et l’essence de l’illusion aussi peut sembler être la vérité. Mais l’autre facette est absolue et doit être ressentie, vous devez en faire l’expérience sur votre système nerveux central. Ce n’est pas une projection mentale à laquelle nous pouvons penser, ni quelque chose d’imaginé émotionnellement, mais la vérité est ce qu’elle est, elle ne peut pas être modifiée. Elle ne peut pas faire de compromis. Nous devons faire preuve d’humilité pour connaître la vérité.
Maintenant nous avons découvert en science, avec humilité, tant de choses que nous ne connaissions pas auparavant. Mais tout cela est connu de l’extérieur. Par exemple, l’arbre doit avoir des racines, et on ne sait rien de ces racines si on regarde simplement l’arbre. Et lorsque quelqu’un parle des racines, cela nous secoue, parce que nous n’en avions aucune connaissance avant. Ainsi, nous sommes conditionnés à ne voir que l’arbre, et nous n’arrivons pas à faire comprendre à notre mental qu’il doit bien avoir des racines.
Donc, nous pouvons dire que les gens ont beaucoup avancé en science, ont progressé et ont formé des pays développés. Mais ils ne réalisent pas que, s’ils ne recherchent pas leurs racines, ils seront complètement détruits. Maintenant que Je suis devant vous, il ne faudrait en aucune manière ressentir que Je suis ici pour vous offenser, mais Je suis venue ici pour vous parler de ces racines, des magnifiques propriétés que nous avons à l’intérieur de nous.
Nous connaissons tant d’énergies autour de nous, comme l’électricité, la gravité, dans le domaine scientifique de la connaissance. Mais il y a en nous des énergies plus subtiles, que nous devrions essayer de comprendre, avec la même humilité et la même ouverture d’esprit qu’un scientifique.
En fait, les problèmes que nous affrontons ici en Occident, nous devrions essayer de les comprendre. Comme Me l’a demandé quelqu’un en Amérique: “Qu’est-ce qui ne va pas en Occident?” Nous devons voir ce qui s’est produit en nous dans notre évolution. Lorsque nous avons évolué à travers le développement industriel, nous avons acquis certains tempéraments et un certain système de valeurs. L’industrialisation était une bonne idée, mais il n’y a aucun discernement pour savoir où l’arrêter. Et c’est ainsi que, lorsque nous allons dans des pays très industrialisés, nous pensons que nous ne mangeons que des produits chimiques et non de la nourriture. En fait, l’équilibre doit être maintenu, mais comment? En connaissant nos racines.
En fait, le premier problème que Je ressens dans l’esprit occidental, c’est que c’est un être mental; il a développé cette capacité mentale au-delà de l’équilibre. Par exemple, les industries doivent en permanence fabriquer de nouvelles choses; chaque fois que nous devons vendre des produits, nous devons créer de nouvelles modes, sinon les machines seront sous-alimentées. De la même façon, notre cerveau commence à produire de nouvelles choses, c’est ainsi que ces choses sont créées par l’homme. Par projection mentale, nous commençons à penser tout le temps à de nouvelles choses et nous apprécions tout ce qui est nouveau pour nous.
Nous devons nous mettre à de nouvelles choses, mais pas à quelque chose qui soit totalement dénué de valeur traditionnelle. Par exemple, l’autre jour, J’ai dit: “Qu’y a-t-il de si spécial chez Freud, pourquoi l’acceptez-vous et pourquoi pas Jung?” La raison en est qu’il nous a donné des idées très nouvelles. Tout ce qui est nouveau n’est pas toujours bon; par exemple, le plastique a été nouveau en son temps, et vous savez quels sont les résultats du développement du plastique. Si c’est vrai à propos de la matière, qu’en est-il de l’Esprit?
Alors, lorsque nous recherchons la vérité, nous essayons aussi tout le temps de trouver une nouvelle méthode. Et Je pense que le mal qui est apparu sous la forme d’un mauvais type de gourous est le produit de ce genre de demande. Il y a seulement soixante-dix à cent ans, Je dirais, a débuté tout à coup en Inde une nouvelle vague de nouvelles idées sur la connaissance des racines.
Certaines des choses dont ils parlent ne sont pas écrites ni dans les Vedas, ni dans les Puranas, ni dans aucun livre de connaissance orientale, ni dans les livres qui ont été écrits d’après le Christ comme la Bible, le Coran d’après Mahomet, ou bien les écrits de Zoroastre. Cela n’a pas la moindre relation avec les anciennes connaissances sur les racines. Donc nous avions le même genre de problème à propos de la religion.
Par exemple, prenons le Christianisme: le Christ est venu sur cette Terre, comme vous le saurez plus tard, pour créer une conscience particulière en nous, celle de l’Esprit. Il réside à l’intérieur de nous, dans un centre particulier que nous appelons le Chakra de l’Agnya, et Il est décrit dans les écritures indiennes en tant que Mahavishnu. Et dans Sa forme la plus pure, Il existe en tant que Omkara, en tant que Verbe. Il est beaucoup décrit en Occident, dans la connaissance occidentale, de façon mentale. Mais en fait Il est beaucoup abordé dans la philosophie indienne. Vous ne pouvez pas comprendre le Christ par projection mentale, parce qu’Il est au-delà du mental.
Il a dit Lui-même: “Vous devez renaître.” Lorsque Nicodème a demandé: “Qu’entends-Tu par ‘renaître’? Dois-je entrer dans le ventre de ma mère?” “Non,” a-t-Il répondu, “ce qui est né de la chair est chair, et tu dois naître de l’Esprit-Saint.”
“Et qu’est-ce que l’Esprit-Saint?” On a posé cette question à l’évêque de Canterbury, Je l’ai vu à la télévision, et il a répondu: “Je suis agnostique.” Alors le journaliste lui a demandé: “Que faites-vous ici, alors?” Il a répondu: “Je fais mon travail.” Alors le journaliste a repris: “D’accord, moi aussi je fais mon travail.”—compréhension mutuelle entre deux projections mentales.
L’Esprit-Saint a Sa réflexion à l’intérieur de vous, c’est la Kundalini. [Au traducteur: Non, montrez-leur juste la Kundalini. En bas—non, non, montrez la Kundalini, dans le sacrum, maintenant.]
En fait, cette Kundalini a été décrite très clairement dans beaucoup d’écrits en Inde. Il est dit dans la Bible: “J’apparaîtrai devant vous comme des langues de feu.” Ce sont ces centres-ci, et voici l’Arbre de Vie qu’Il a décrit. En fait, dans le Coran, il est décrit en tant que Assas. Nulle part dans l’une de ces anciennes écritures, ni jusqu’à l’époque de Kabir, c’est-à-dire il y a à peine quatre, cinq cents ans, personne n’a dit que cette Kundalini vous crée des problèmes.