Guru Puja à Shudy Camps sur l'unification de Samkhya et Yoga dans Sahaja Yoga, et sur la spontanéité comme cœur de la voie. Shri Mataji rappelle que les anciens chemins — Ashtanga Yoga avec un guru sévère, ou Samkhya avec la collecte puis le renoncement — étaient artificiels et imparfaits, et que Sahaja Yoga les unit en donnant d'abord la lumière dans les mains. Elle explique pourquoi il fallait une Mère comme Guru : pour redresser les idées fausses sur les femmes et la spiritualité, pour casser le fanatisme naissant dans Sahaja Yoga, et pour rendre tout à sa juste mesure. Elle invite chacun à devenir son propre guru, à se tenir au centre — ni trop riche, ni trop sage, ni trop visible — à se juger soi-même plutôt que les autres, et à ouvrir un cœur assez vaste pour contenir l'Océan d'Amour.


Guru Puja. Shudy Camp (UK), 12 July 1987.

English transcript: UNverified

Traduction: NON vérifiée. Ver 1/1/2014.

Aujourd’hui est un grand jour, car vous êtes ici pour vénérer votre Guru, dans la région qui correspond au cœur de l’univers. Si nous pouvions agir ainsi dans la région de notre propre cœur, il y aurait plus rien d’autre à faire. Aujourd1hui également, J’ai le sentiment que Je dois vous parler de Sahaja Yoga et de sa valeur, en relation avec d’autres yogas qui étaient prati-qués autrefois, partout dans le monde.

Il y eut « Ashtang Yoga », le Yoga aux huit aspects, que l’on pratiquait avec un Guru, et où l’on devait subir beaucoup d’épreuves. Si on était marié, on n’était pas autorisé à suivre cet Ashtang Yoga, il fallait renoncer à sa famille et à ses amis. On devait absolument se détacher, de tout, pour aller trouver un Guru. I1 fallait abandonner toutes ses propriétés, tous ses biens et en distribuer le revenu, et non pas 1e donner au Guru comme cela se fait ¬de nos jours. Voilà ce qu’on nommait Yoga.

Il y eut aussi « Samkhya ». Samkhya consiste à collecter pendant toute la vie des objets, tout en e étant détaché, puis à les distribuer tous et à s’en remettre à un Guru en se soumettant totalement à lui, puis à recevoir la Réalisation. Samkhya était le comportement du côté gauche, et Yoga celui du côté droit. Là où l’on utilisait le GAYATRI mantra, c’était le Samkhya. Comme tout le monde était tourné du côté gauche, ils récitaient le GAYATRI mantra.

Ils étaient tellement « à gauche » qu’en récoltant des biens, en amas¬sant des possessions, des propriétés, en cultivant toutes sortes d’amis et de relations sociales, ils avaient peur d’être engloutis par ces choses-là. Ils se tournaient vers GAYATRI, le GAYATRI mantra qui vous enseigne l’essence de tous nos chakras. J’ai déjà parlé de cela: « BHU, BHUVAH, SWAHA ». BHU repré¬sente l’essence ou le « BIJA » du Mooladhara ; BHUR représente l’univers créé, qui est le « BIJA » du Swadishthan ; SWAHA est le « BIJA » du Nabhi ; MANA est l’es¬sence du chakra du Cœur; puis JANA représente la collectivité, c’est l’essence ou « BIJA » du Vishuddhi; puis TAPA: TAPA, c’est le lieu des austérités, du renoncement, de l’épreuve, c’est l’essence du chakra de l’Agnya ; puis SATYA est la Vérité, c’est l’essence du Sahasrara. Non pas la vérité que nous prenons pour la Vérité, mais celle qui est exprimée par notre système nerveux central. C’est ce qui est découvert au septième stade, au Sahasrara.

Ceux qui suivaient le Samkhya n’étaient pas tellement respectés en tant qu1êtres spirituels, parce qu’on pensait qu’ils étaient tous impliqués dans les choses de ce monde, les biens et les événements du monde. On les consi¬dérait comme secondaires. Ceux qui suivaient un Guru était respectés davantage, parce qu1ils avaient déjà renoncé à tout, qu’ils étaient déjà allés chez un Guru. Mais ces Gurus avaient un problème en eux-mêmes : ils s’aperçurent que leurs disciples avaient certes renoncé, tout, et néanmoins ils avaient encore des attachements cachés.

A l’intérieur même de leur propre ashram, ils se rendaient compte que les gens s’attachaient aux choses: malgré leur renoncement extérieur, ils n’étaient pas détachés intérieurement. Ils restaient accrochés à des idées comme: « Bon, accordons-nous encore cette petite chose, ça ne fait rien… » C’est ainsi qu’ils entretenaient de petits compromis, comme cela se fait ici dans les couvents et tout ça.

D’une certaine manière, ces deux (voies) étaient artificielles: d’un côté les Samkhyas, qui essayaient de s’élever avec tous leurs bagages, et de l’autre ceux qui essayaient de descendre avec toutes les ambitions de s’élever. A tout point de vue, c’était une chose bizarre que ces deux styles de Yoga.

On peut constater cela aux Etats-Unis – Oh Mon Dieu! Qu’est-ce que c’est que cette Amérique? Ce n’est pas de la démocratie, c’est de la démonocra¬tie! – Et de là, si vous allez dans un autre pays comme l’URSS, vous vous demanderez: « Mais qu’est-ce qui se passe ici? On travaille constamment sous ¬pression et dans la crainte! » Mais dès qu’un Russe sort de son pays, il peut ¬devenir pire qu’un Américain. Que se passe-t-il donc! Une théorie ici, une autre là… Quelle est la bonne théorie?

Il en va de même avec les religions. Prenons le cas d’une religion où l’on honore plusieurs dieux, comme l’Hindouisme: on y croit aussi aux bhoots et on y suit aussi le chemin des possessions. Dans les temples, on met tout en œuvre pour que vous en sortiez possédés. Ou bien même à l’église, ou à la mosquée, là où Dieu est censé résider, on s’aperçoit tout à coup qu’on se fait attaquer, et on en ressort tout perplexe vis-à-vis de soi-même, et bon pour l’hôpital psychiatrique. Quels sont donc ces lieux d’adoration, où vous entrez pour trouver Dieu, et où vous vous faites assaillir par d’horribles forces sataniques ?

Voilà pourquoi les gens vivent dans une telle confusion, à notre époque. Nulle part nous ne trouvons la vérité: dans aucune idéologie, dans aucune philosophie, dans aucune de ces choses qu’on a entreprises. ..

Par exemple, CONFUCIUS a lancé l’humanisme, SOCRATE démarra autre chose, MOHAMMED autre chose encore. MOHAMMED a dit: « N’adorons pas Dieu comme une idole, adorons-Le dans le NIRAKARA, dans le Sans-Forme. » Mais voyez donc le sans-forme, aujourd’hui: ils s’entretuent tous !!! Ce que Je veux dire, c’est qu’après avoir visité un pays musulman, on ne peut pas croire en Dieu, avec ou sans forme: tous les Dieux ont dû fuir, en voyant les hommes se battre de pareille façon !

Et les Chrétiens ? Où qu’ils soient allés, ils ont essayé de convertir les autres, comme si le fait qu’ils soient Chrétiens leur conférait le droit de le faire, à eux, les disciples du CHRIST qui disait: « Pardonnez-¬leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Et Moi, Je dois dire la même chose pour tous les Chrétiens: « Pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Lorsqu’on est choqué devant toutes ces choses, il faut s’asseoir et réfléchir à ce qu’on doit faire: quel est le problème ? Ce n’est donc ni le Samkhya, ni le Yoga. Que faut-il donc atteindre ? C’est Sahaja Yoga.

Sahaja Yoga est un système où vous ne recevez pas tout d’abord une théorie, mais la lumière, dans vos mains, ce qui vous permet de voir par vous-¬mêmes les points communs des théories. Par exemple, vous avez restauré cette maison magnifique pour votre Mère, alors qu’Elle-même ne sait pas ce que c’est que l’attachement, pas même à une épingle! Quelle drôle de situation! Tout le monde doit Me le rappeler: « Mère, c’est Votre maison ! » – « Ah oui, Je vois.  » Et l’on Me rappelle que Je dois vous remercier tous, spécialement les Anglais, et tout spécialement les leaders anglais, pour avoir déployé tant d’efforts pour l’acquisition de cette maison. Mais ensuit, Je Me dis: « Pourquoi les remercier ? ». Cela ne M’appartient pas, c’est à eux! C’est ainsi. Alors, s’ins¬talle un nouveau type de confusion (rires). J’ai eu le sentiment que cette confusion-là était très douce et belle. C’est un fait que rien ne nous appar¬tient, mais tout nous appartient. Quand Je pense à ce que vous avez fait de cet endroit, cela M’appartient, l’Angleterre-M’appart1ent, et par-dessus tout, le monde M’appartient ! C’est ainsi que nous voyons Samkhya et Yoga devenir un. Alors, cela ne devient plus que « SAPTASHATI », celui qui voit, qui est le Témoin.

Ainsi des gens normaux pourraient dire: « Comment cela se fait-il: votre Mère est censée être un Guru, et Elle porte des bijoux! » Mais que faire? Elle est aussi une Mère, et aussi une Déesse! Voilà une autre source de confusion !