Guru Puja à Avignon sur le Guru intérieur, le dharma, l’humilité, le détachement et la maîtrise des conditionnements. Shri Mataji explique qu’en Sahaja Yoga, vénérer le Guru signifie aussi vénérer le maître spirituel éveillé en soi, capable de se corriger, de guider les autres et de mener les chercheurs à l’Adi Shakti elle-même. Elle insiste sur la responsabilité des Sahaja Yogis et Sahaja Yoginis : établir le dharma, obéir, devenir transparents, humbles, silencieux, détachés de la nourriture, du confort, des antiquités, des bavardages, des mariages et des jugements superficiels. Le discours appelle à devenir des gurus véritables par l’introspection, la maîtrise du corps et du mental, le respect de Mère, la pureté des vibrations, la solidarité entre Sahaja Yogis et une humilité complète remise au Divin.


Guru puja. Avignon (France), 8 Juillet 1990.

ETVD: Unknown

Trad.française vérifiée 1992-0523

Dans Sahaja Yoga, le Guru puja possède une signification bien différente des autres Guru pujas. Lorsque vous vénérez votre Guru, vous vénérez le Guru à l’intérieur de vous. Vous ne trouvez cela dans aucun autre système de Guru/disciple, car le Guru à l’intérieur de vous a été éveillé. Donc, lorsque vous vénérez votre Guru, ce maître spirituel à l’intérieur de vous est également vénéré, vous le respectez, vous le glorifiez, vous l’éveillez et le manifestez. Nous devons réaliser que dans Sahaja Yoga, la première qualité d’un Guru, c’est qu’il vous mène à la rencontre de Dieu, il monte la Kundalini et il établit la connexion entre vous et l’Energie primordiale du Virata. Et comme votre Guru est l’Adi Shakti, vous menez la personne à rencontrer l’Adi Shakti. Donc, vous avez un double avantage : au moment même où vous leur donnez leur Réalisation du Soi, non seulement vous leur faites sentir l’union avec la Force Divine, mais aussi vous pouvez les mener à la Divinité Elle-même, à la source de la Force Divine.

Donc, votre responsabilité en tant que Sahaja Yogi est très grande, parce qu’en vous se trouve le Guru. Lorsque nous disons nos mantras, nous disons « Mère, je suis mon propre Guru », mais en disant cela, est-ce que nous réalisons que si je suis mon propre Guru, en combinant ce « moi » et ce « Guru », qu’avons-nous donc atteint? Où nous trouvons-nous? Est-ce que je peux me corriger ? Est-ce que j’ai mon attention sur la lumière de l’Esprit si bien établie et manifestée que je puisse me guider moi-même et guider les autres plus tard. Tout d’abord, avec le principe du Guru, il est important que vous cherchiez à l’intérieur de vous-même, que vous fassiez une introspection : est-ce que je peux être mon propre Guru ? Suis-je donc devenu mon propre Guru ?

Dans votre cas, votre Guru est votre Mère, une femme, c’est pourquoi le développement des qualités du Guru doit être manifesté chez les femmes. Mais à présent, elles ne le sont pas. Selon elles, elles sont encore les mères de famille ou juste les épouses de leur mari ; elles sont des Sahaja Yoginis, mais elles ne réalisent pas qu’elles sont aussi les Gurus. Votre Mère étant le Guru, parce qu’Elle est une femme, vous devez aussi être d’une telle qualité que les gens disent de vous : « Regardez cette femme, c’est une Sahaja Yogini ». Mais les leaders M’apprennent que les femmes sont encore bien loin d’assumer leur rôle et qu’il y en a très peu que l’on pourrait appeler de vraies Sahaja Yoginis. Je suis triste d’avoir à entendre une chose pareille.

Vous voyez, vous continuez avec ces choses sans importance attribuées à la « féminité » et les désavantages de la « condition féminine » qui peut-être a résulté de la domination, les femmes étant toujours décrites comme quelque chose d’inférieur. Particulièrement dans la religion chrétienne, elles n’étaient jamais regardées comme quelque chose de sacré. Elles sont un tel manque d’assurance en elles qu’elles ne comprennent pas que le Dharma peut être établi encore plus par les femmes que par les hommes. Et c’est au Guru d’établir le Dharma dans la société, dans la famille, dans les relations humaines. Tous les grands Gurus dont vous voyez les symboles ici n’ont rien fait d’autre que d’établir le Dharma. Mais avant tout, avant d’établir le Dharma, nous devons nous observer nous-mêmes. Est-ce que nous avons le Dharma à l’intérieur de nous ou pas ? La première qualité d’une personne qui a le Dharma, c’est qu’elle écoute les autres, elle obéit. Et c’est quelque chose qui s’est détérioré avec les femmes occidentales, Me semble-t-il. Elles ont oublié comment on peut obéir aux autres. C’est pourquoi leurs enfants ne leur obéissent pas. Si vous-mêmes ne savez pas obéir, personne ne vous obéira. Vous devez commencer par apprendre à obéir.

Prenez quelqu’un comme Kabir, il est né d’une descendance inconnue, personne ne savait de qui il était né. Il ne pouvait pas aller directement à un Guru. On raconte qu’il entendit parler de Ramana, un grand Guru de l’époque. Ce Guru avait l’habitude de se baigner dans les eaux du Gange tous les matins. Donc un jour, Kabir s’était allongé là sur les marches. Dans l’obscurité, le Guru ne pouvait le voir et le toucha avec ses pieds. Lorsqu’il lui demanda qui il était, il lui répondit : « Je suis Kabir et je suis votre disciple ». Ensuite, il se jeta à ses pieds et Ramana l’emmena donc avec lui. A la suite de cela, Kabir lui-même devint un grand saint en Inde. Les gens le connaissaient mieux encore que son Guru Ramana ; il devint tellement grand. Vous pouvez voir qu’à la base, il nous faut développer l’humilité.

Hier, vous avez pu voir comment les musiciens sont restés humbles. A chaque moment, ils étaient humbles. Ils ne savaient comment exprimer leur humilité. C’est seulement grâce à l’humilité que vous pouvez recevoir les bénédictions du Divin, recevoir les qualités de votre Guru.

A propos de Guru, comme vous l’avez déjà vu, vous devez vous modeler à Mon image, vous devez vous élever. Tout d’abord votre vie devrait être transparente. La transparence est l’essence de Sahaja Yoga. Tout le monde devrait être au courant de ce que vous faites, de vos va-et-vient, de la manière dont vous vivez et vous comportez. J’ai aussi vu des gens qui sont des gurus, dans le sens où vous les appelez « leaders », ou vous pouvez les appeler « sous-gurus ». Ils ne peuvent pas être appelés « prêtres », mais Je peux les appeler des centres de communication. Vous verrez qu’ils sont souvent aux petits soins. Pensant toujours à leur corps, à leur confort, se plaignant toujours du fait que personne ne s’occupe d’eux comme s’ils souffraient d’un complexe de persécution. Ou bien, ils se plaindront de la nourriture : « Je n’ai pas mangé de toute une journée ». Cela n’a pas d’importance pour un Guru, il est préférable de jeûner pendant trois ou quatre jours de telle sorte que vous puissiez surmonter cette idée de la faim. Vous serez surpris, depuis que Je suis ici, Je n’ai pratiquement rien mangé. J’ai dû juste boire quelque chose. Car voyez-vous le Guru ne connaît pas la faim.

Il y a tant de vibrations dans votre estomac que vous n’avez pas envie de manger quoique ce soit. Ainsi, ces questions de ce que vous mangez, comment vous mangez doivent être abandonnées lorsque vous venez à Sahaja Yoga. Vous devez savoir que même si les leaders se demandent ce qu’il y a à manger, c’est absurde car la nourriture n’est pas importante. Et quand J’entends certains Me dire ce qu’ils ont mangé, comment ils ont mangé, ils me donnent l’impression d’être des touristes. C’est comme s’ils venaient à Sahaja Yoga pour voyager, pour voir des endroits différents et pour connaître les endroits où l’on peut trouvez de la bonne cuisine, et pas chère. Essentiellement, cela va tout à fait à l’inverse du principe du Guru. Vous avez pu voir vous-mêmes comment votre Guru Se comporte : Je ne sais pas ce que Je vais manger, ce qu’ils Me donneront à manger, ce que Je veux, ils veulent Me donner ce qu’ils pensent que J’aime. Mais Je ne sais si J’aime cette chose ou pas, ou même ce que c’est. S’ils Me demandent « Mère, que voulez-Vous manger ? », Je leur dis que Je ne sais pas vraiment ce que J’aimerais, cela M’importe peu.

Ainsi, vous voyez qu’il ne peut pas y avoir de choix, ne dépensez pas votre Attention sur le fait d’avoir à choisir. Bien sûr, ceci doit se faire uniquement en suivant les vibrations. Par exemple, si vous allez au restaurant et vous trouvez que les vibrations ne sont pas bonnes, qu’il y a là des gens qui se saoulent ou quoi que ce soit d’inauspicieux, vous devez alors le dire. Donc, tous nos choix doivent être fondés sur les vibrations et non sur nos considérations matérielles. Comme par exemple, voyager cinquante kilomètres pour manger quelque chose de bon, cela n’a aucun sens. Ce genre de chose devraient être considérées comme absurdes par les Sahaja Yogis, et bien sûr aussi par les Sahaja Yoginis.

Cet aspect de la nourriture est un SWAHA, nous ne devrions pas avoir de goût pour une nourriture particulière. Particulièrement en France, les gens n’aimeront pas cela car ils font très attention à la nourriture. Je ne sais pas à quel point ils font de la bonne cuisine, mais au moins, ils pensent qu’ils mangent très bien. Vous pouvez voir que cette dégustation de bonne cuisine est une forme d’accoutumance, un peu comme la drogue, il faut manger quelque chose de « bon ».

Les maîtres Zen ont créé un système appelé « la cérémonie du thé ». Je l’ai fait Moi- même et Je peux vous dire que c’est vraiment une épreuve. Je savais qu’il n’y avait pas de danger, mais les autres personnes présentes ont eu bien peur. Je passerai sur les rituels de cette cérémonie du thé, disons juste qu’ils vous apportent une tasse de thé qui est si amère, à la puissance 108. Ils vous l’apportent avec de si bonnes manières et rituels que vous ne pouvez pas la refuser.

Ils vous demandent d’abord de regarder la tasse sans penser, dont ils essaient de vous mettre en conscience sans pensée grâce à cette tasse de thé. Je ne sais pas à quel point ils peuvent atteindre ce but en utilisant cette méthode, mais après avoir bu ce thé, votre langue pourra goûter à tout. Ensuite, pour compenser, ils vous donnent une tasse de thé sucré, qui encore est tellement sucré que vous pouvez lui attribuer une force de 108. En fait, si sucré qu’il en devient amer ! Donc, cette épreuve est juste pour nous aider à surmonter la faiblesse que l’on a pour le goût. Les maîtres Zen ont dû penser qu’ils feraient mieux de donner aux gens cette cérémonie du thé où il n’y a pas de thé, il n’y a rien, simplement le fait qu’on donne de tels chocs à votre langue que vous pouvez ensuite manger tout ce qu’on vous donne.

C’est pour cela que les Japonais peuvent manger n’importe quoi. Ils ont résolu leur problème culinaire. Ils peuvent prendre des crabes ou des crevettes, les ouvrir comme des cacahuètes et les manger comme cela. Je pense que le Zen a résolu ce problème pour eux car il y a peu de nourriture au Japon. C’est pourquoi ils peuvent tout manger, l’écorce d’un arbre, un serpent, un lézard, ils peuvent manger des grenouilles. Ils mangeront de tout, de sorte que leur problème de manque de nourriture puisse être résolu. Ceci est dû au fait qu’ils n’ont plus de sensibilité au goût.

A ce sujet, Je peux dire que les Indiens sont les pires. Ils sont les plus exigeants au sujet de la nourriture. Ils doivent cela au fait que leurs épouses les gâtent. Elles savent bien cuisiner et elles s’en servent pour prendre leur mari en main.

Même s’ils voyagent autour du monde, ils doivent manger de la nourriture indienne. Leur palais ne peut pas se passer de son goût. C’est un conditionnement si profond en Inde, Je ne sais pas comment ils se sortiront de ces besoins de base qui sont toutefois importants. Gandhi a aussi essayé cela dans sont ashram. Il donnait de la nourriture horrible couverte d’huile de moutarde que personne ne pouvait manger. Mais, il la leur faisait manger quand même. Non seulement cela, mais il leur faisait nettoyer les salles de bains, les w.c., tout ce qu’il y avait de possible pour qu’ils se détachent de leur odorat. Car en Inde, les gens ont aussi .une tendance à sentir la nourriture avant de la manger. Les Indiens sont hyper sensibles de leur palais et de leur nez, mais non pas de leurs yeux.