Guru Puja à Cabella sur la gravité du guru, l’introspection, l’obéissance, le détachement et la capacité de guider sans domination. Shri Mataji explique que le guru est magnétique, stable, profond, relié à la gravité de la Terre Mère, et qu’un Sahaja Yogi ne peut devenir guru qu’en s’observant honnêtement, en corrigeant ses habitudes, son ego, ses peurs, ses attachements et ses identifications. Elle contraste la dureté des anciens gurus avec l’amour maternel de Sahaja Yoga, tout en rappelant que l’humilité, l’obéissance, la méditation, la pureté du désir et le respect du Divin restent indispensables. Le discours demande de devenir collectif, détaché, patient, obéissant au Pouvoir Divin, capable de pardonner, d’aider les autres à s’élever et de devenir un vrai maître par sa vie intérieure.
Guru Puja. Cabella Ligure (Italy), 12 July 1998.
English transcript verified IBP
Traduction française version 1/1/2014.
Aujourd’hui, nous nous sommes rassemblés ici pour faire le Guru Puja.
Le mot “guru” signifie celui qui est magnétique. La personne magnétique, celle qui attire l’attention des chercheurs, est le guru. Cela signifie aussi le poids ou, mieux, s’applique à une personne qui est très stable, qui est très profonde, qui possède la connaissance et qui peut agir à l’instar de la Terre Mère. Car le pouvoir d’attraction dans la Terre Mère magnétique est également appelé magnétique, mais en Sanskrit, c’est “gurutwa karshan”, ce qui signifie attraction du poids vers la Terre Mère. C’est en fait un pouvoir de la Terre Mère qui nous permet de tenir correctement debout sur nos jambes, lorsqu’Elle tourne à une vitesse si importante. Sinon, nous serions éjectés par la vitesse à laquelle tourne la Terre. Mais nous y restons soudés, nous ne faisons qu’un avec notre équilibre, seulement parce que la Terre a de la gravité. Cette gravité doit se retrouver chez un guru.
La gravité équivaut à une sérieuse compréhension de soi-même et de ses propres responsabilités. Un guru doit donc être très stable. De nos jours, les gens sont très mobiles, constamment agités, un rien les perturbe et la moindre petite chose les dérange. Ils rencontrent des gens qui ne présentent aucun intérêt, puis très vite ça les dérange. Le fait que nous soyons facilement dérangés vient de notre manque de gravité. Une personne possédant cette gravité ne devient ni dépressive, ni excitée, ni exagérément enthousiaste. Elle n’est ni triste, ni malheureuse, simplement elle se situe au centre, au centre de son être.
Comment devient-on un guru? Pour les Sahaja Yogis, c’est très important à comprendre. Beaucoup ont cru être des gurus et se sont comportés de façon tellement bizarre qu’ils ont perdu leur position de guru. La première chose et la plus importante pour les Sahaja Yogis, c’est de faire leur introspection. Chacun doit s’observer. Si une personne court ici et là, qu’elle change au gré de la mode, parce qu’elle a été réprimée ou que quelqu’un le lui a demandé, simplement pour plaire à des gens de peu de valeur, bref, si elle change, cela signifie qu’elle ne pourra jamais être un guru. C’est à chacun de s’installer convenablement dans les valeurs de Sahaja Yoga, mais sans introspection, il est impossible de savoir. Vous ne vous souviendrez jamais de ce que vous avez fait de mal, ni ne penserez à ce que vous devez faire de bien. Cela sera seulement possible si vous continuez à vous améliorer.
Pour commencer, tous les grands saints ont loué leur guru. En Inde par exemple, nous avons un grand saint, Gyaneshwara, qui écrivit un chapitre entier sur le guru. “Guru” a été traduit en anglais par précepteur, le guru est le précepteur. Et ce que Gyaneshwara a fait est magnifique. Il a dit: “Vous ne devez pas défier le guru, sinon il vous sera impossible de devenir guru. Vous en porterez peut-être le titre, mais vous n’en serez pas un.”
Deuxièmement, vous ne devez jamais mal vous tenir, vous ne devez jamais être grossier, arrogant ou vous mettre en colère devant le guru. Si cela arrive, c’est que vous n’avez rien d’un guru et que votre personnalité est encore d’un très bas niveau. Il a très clairement ajouté que dire du mal d’autres gurus, des vrais, des gurus très élevés, cela aussi montre que vous n’êtes pas un guru. Mais Je dirais que vous avez tous les vibrations, vous avez tous maintenant la conscience vibratoire. Lorsque vous avez cette conscience vibratoire, vous êtes capable de tout connaître sur quelqu’un. En fait, vous n’avez pas besoin de raconter votre propre compréhension d’une personne, mais essayez seulement d’aborder cette personne directement, de lui dire quel est son problème et de lui demander de changer.
Mais dans Sahaja Yoga, nous avons quelque chose de plus que les autres gurus. Les autres gurus étaient vraiment très stricts. Ils avaient l’habitude de porter une canne à la main pour marcher ou pour frapper leurs disciples. Ils frappaient leurs disciples tellement fort, qu’ils avaient littéralement très peur de leur guru.
Je vais vous donner l’exemple d’un guru que J’ai rencontré. Il y avait un homme en Inde qui est venu vers une des dames, une Sahaja Yogini, et lui a dit: “Mon guru m’a fait dire que l’Adi Shakti va venir séjourner chez vous, est-ce vrai?” Elle lui répondit: “Oui, Elle va rester chez moi, et alors?” Il a dit: “Mon guru m’a dit d’aller Lui demander si Elle peut venir à notre ashram.” Elle répondit: “Je vais demander à Mataji, je ne sais pas.” Cet homme est venu à un programme et quand il M’a vue, Moi une mère de famille, il a décrété: “Elle ne peut pas être ce guru!” Puis, lorsque Je suis arrivée, il a compris, et lorsque J’ai donné la réalisation du Soi, que la Kundalini de chaque personne a été éveillée, il a été si étonné et s’est prosterné à Mes pieds!
En fait, son guru vivait à Amarnath. C’est un site religieux très célèbre dans les Himalayas. Quant à notre homme, lui vit à Ambarnath. Il m’a demandé: “Mère, viendrez-vous à mon ashram?” Je Me suis dit: “Pourquoi pas?” Parce que ces gurus d’autrefois n’avaient jamais coutume de quitter leur siège qu’ils appellent “takiya”, c’est-à-dire le coussin, ils ne quittent jamais leur takiya. Je lui ai dit: “D’accord, ça ne Me gêne pas, J’irai à votre ashram.” Il est resté silencieux pendant tout le voyage. A notre arrivée, le guru en question est tombé à Mes pieds; il était vraiment très respectueux. Nous sommes ensuite repartis chez nous.
En chemin, cet homme a commencé à Me dire: “Si Vous ne le dites pas à mon guru, je voudrais Vous dire que j’ai un très mauvais Agnya. Pouvez-Vous le soigner, Mère?” Je lui ai dit: “Pourquoi pas? Je vais le faire.” Donc nous sommes revenus chez ce guru et Je lui ai dit: “Pourquoi n’avez-vous pas traité son Agnya?” Il répondit: “Pourquoi? Pourquoi devrais-je le faire? Qui a traité mon Agnya? J’y suis arrivé seul, J’ai dû m’introspecter, trouver et j’ai soigné mon propre Agnya. Pourquoi devrais-je traiter son Agnya? Qu’il reste dans son coin, qu’il travaille, qu’il y arrive tout seul, sinon ce sera un homme gâté.” J’étais très surprise, puis il a dit: “Vous le faites parce que Vous êtes une Mère, Vous n’êtes qu’Amour, et c’est pour cela que Vous faites tout ceci pour les autres. Mais pas moi! Aucun guru n’ouvrira l’Agnya de ses disciples!”
Je lui ai demandé: “Alors pourquoi êtes-vous un guru?” Il répondit: “Parce que nous devons les guider, mais si leur Agnya est sérieusement bloqué, si leur attention n’est pas bonne, cela ne me gêne pas. C’est leur devoir de s’introspecter pour trouver, puis d’escalader l’échelle que je leur tends. Donc je suis le guru, je ne peux que leur procurer l’échelle pour qu’ils s’élèvent, mais c’est à eux de travailler très dur, à eux de s’introspecter, à eux de se corriger. Pourquoi devrai-je les aider au point d’ouvrir leur Agnya?” J’ai dit: “Maintenant, permettez-Moi d’ouvrir son Agnya, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.” Il a répondu: “Vous êtes une mère, faites ce que Vous voulez, je n’ai rien à dire. Si Vous voulez le faire, Vous allez le gâter, Vous allez vraiment le gâter. Laissez-le donc se débrouiller tout seul, sinon Vous allez le gâcher.” Je lui ai demandé: “Comme vous êtes également si gâté que vous n’ouvrez l’Agnya de personne, c’est cela?” Mais quelle que soit la position que J’ai pu atteindre, elle demeure permanente et J’ai donc ouvert son Agnya.
Puis ce garçon Me dit en chemin: “Ce guru est revenu et m’a pendu par les pieds au-dessus d’un puits et chaque fois il baissait la corde et je descendais dans l’eau; il l’a fait dix fois.” Je lui ai demandé: “Pourquoi a-t-il fait une chose aussi cruelle?” Il répondit: “Parce qu’il m’avait trouvé en train de fumer une cigarette.” “Mon Dieu!” J’ai donc demandé à ce guru: “Pourquoi faites-vous une chose si horrible à vos disciples?” Il a répondu: “Sinon, si vous n’agissez pas ainsi, ils ne s’élèveront jamais, ils ne se lèveront jamais. Si vous continuez à leur pardonner, plus vous pardonnez, pire ils deviennent et ils ne montrent aucune ascension spirituelle. C’est pourquoi on doit être très strict avec eux. S’il Vous plaît, ne les gâtez pas tout le temps.” J’étais vraiment étonnée qu’il puisse dire de pareilles choses. “Vous voyez”, poursuivit-il, “Mère, si Vous leur donnez tout gratuitement, si Vous leur donnez tout si facilement, ils n’apprécieront jamais la valeur du respect de soi, ni celle de leur réalisation du soi.” J’ai répondu: “Ce n’est pas ainsi. Vous devez leur donner une chance, vous devez leur permettre de s’élever, leur permettre de devenir quelque chose. Comme la Terre Mère: Elle fait germer les graines, puis les arbres poussent, puis ensuite Elle leur donne les fruits et Elle fait en sorte que les fruits mûrissent. Elle fait tout cela.” Mais il répondit: “Mais ce ne sont pas des arbres, Vous voyez, ce sont des êtres humains et ils ont la liberté de devenir aussi des démons.” J’ai répondu: “Bon, si ce sont des démons, Je peux M’en occuper. Regardez juste comment Je M’en occupe. Et si ce sont des démons, ils resteront des démons, vous ne pouvez pas les changer.”
Donc, il M’a tenu tête et lorsqu’il a rencontré des Sahaja Yogis, il leur a demandé: “Combien d’entre vous sont prêts à donner leur vie pour Shri Mataji? Savez-vous ce qu’Elle vous a donné?” Ils répondirent que oui, puis sont venus Me dire: “Mère, il voulait que nous donnions notre vie pour Vous.” J’ai expliqué: “Il n’y pas besoin de cela, ce n’est pas nécessaire.” C’est peut-être parce que lui le demandait à ses disciples! Et J’en ai rencontré beaucoup comme lui qui sont des gurus très stricts. Ils demandaient une obéissance complète, ils réclamaient une humilité absolue, un abandon total. Pas un mot contre le guru n’était toléré! Ni même répondre ou montrer son mécontentement au guru.
J’ai rencontré des gens qui sont comme ça parfois, alors j’ai cessé de leur parler, c’est tout! S’ils veulent s’améliorer, ils peuvent s’améliorer. S’ils ne veulent pas s’améliorer, vous ne pouvez pas les forcer à devenir meilleurs. Mais selon ces gurus, les disciples doivent avoir une grande peur à l’esprit, ils doivent être tellement effrayés qu’ils se tiennent bien! Ceci dit, nous attendons trop d’un guru: qu’il soit votre père, votre mère, votre ami, tout cela. C’est une personne pure qui ne désire que votre ascension. Il veut s’occuper de vous, il veut vous guider, il veut vous protéger et vous emmener vers une vie de spiritualité. Et c’est de cette manière qu’un guru doit opérer.
Mais ce qui est attendu du disciple est encore pire. Le disciple doit absolument être une personne pure. Il doit avoir un pur désir de devenir une personne pleine de spiritualité. S’il n’a pas en lui ce pur désir, s’il a d’autres désirs, alors il est absolument inutile. Comme certaines personnes qui viennent à Sahaja Yoga, Je l’ai vu, elles veulent se prendre pour des gens très importants, elles veulent devenir des grands maîtres de tout, elles veulent dominer tout le monde. Elles n’ont rien compris du tout. Ce n’est pas important. Il y a aussi certains qui essayent de faire de l’argent dans Sahaja Yoga, d’en faire un moyen de s’enrichir. C’est aussi particulièrement mal, et non seulement cela, mais c’est vraiment très bas de vouloir faire de l’argent à travers Sahaja Yoga.