Comme une peau en manque de soleil, je traverse les jours en demi teinte, et toi, tu passes et tout s’illumine, comme si la couleur t’obéissait.

Ma gorge rouille parfois, les mots s’y déposent comme du métal fatigué, et je parle mal, ou pas du tout.

Mais toi tu devine quand même, comme si mes silences avaient encore une chaleur à offrir.

Je traîne mes erreurs sur les lèvres, comme des cicatrices mal refermées, et jamais tu n’y vois une raison de t’éloigner.

J’ai grandi de travers, avec des manières cassées, des rêve de chevalier dans un corp mal poli, et pourtant tu ne m’a jamais regardé comme une déception.

Tu reste. Dans le creux de tes gestes, dans ce menton posé contre mon épaule comme une certitude tranquille, il y a quelque chose qui ne juge pas, qui ne s’use pas, qui ne part pas.

Et dans ce quelque chose, je tiens encore debout. Pas parfait, pas vraiment droit, mais encore ton fils - et ça, ça suffit.